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Les additifs
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Les additifs. Composition et dosage

Résumé : Les additifs servent à compenser les éléments qui sont directement puisés dans l'eau par les plantes et les animaux. Ceux-ci constituent leur squelette calcaire notamment à partir du calcium et des carbonates de l’eau. Les additifs sont donc nécessaires à leur croissance. Vous devez apprendre à maîtriser la chimie de l'eau et faire les compensations nécessaires pour maintenir stables les différents paramètres.

Lors de l’ajout d’additifs, les variations sont progressives et contrôlées pour ne pas être nocives pour les animaux. Les ajouts se font ainsi lentement, en 'goutte-à-goutte’, à partir de solutions diluées dans de l’eau osmosée. La dispersion dans l’aquarium doit être la plus rapide possible afin d'éviter tout risque de concentration ou de précipitation des solutions. Sans cette précaution on obtient un effet inverse à celui espéré, dans le meilleur des cas, inutile. Verser dans la décantation limite les risques de concentrations locales agressives sur les animaux de l'aquarium. Les divers produits sont utilisés en alternance et indépendament. Ils ont des interactions les uns avec les autres et les concentrations interagissent entre elles.

Première règle : Agir avec prudence. Il faut vérifier l’action des additifs en mesurant et en notant les variations, en observant le comportement des animaux. Surtout lorsqu’on n’est pas habitué à ces manipulations.

N’oubliez pas : Ne faites pas d'ajouts si vous n'avez pas bien compris à quoi cela sert, comment doser ou quelles peuvent en être les conséquences. Il est préférable, dans ce cas, de procéder régulièrement à des changements d’eau, de 10 à 20% du volume mensuellement, pouur maintenir les différents composants de l'eau. La salinité obtenue avec un sel complet de bonne qualité ou enrichi pour pallier à cette absence de supplémentation.

Spécial nano. Les ajouts d’additifs dans un petit aquarium sont particulièrement délicats du fait du très faible volume d’eau. Il faut redoubler de patience et de prudence pour doser correctement et s’assurer qu’aucune concentration locale ne risque d’être préjudiciable aux animaux.

Une approche simplfiée de la chimie de l'eau de mer se trouve sur la page ‘Chimie de l'aquarium récifal

Elements chimiques utilises en aquariophilie recifale


Ca(OH)2

Hydroxyde de calcium
(chaux éteinte)

B

Bore (masse molaire 10,8)

Ca++

Ion calcium

Br

Brome (masse molaire 80)

CaCl2

Chlorure de calcium

C

Carbone (masse molaire 12)

CaCO3

Carbonate de calcium

Ca

Calcium (masse molaire 40)

CO2

Dioxyde de carbone (gaz carbonique)

Cl

Chlore (masse molaire 35,5)

CO3--

Ion carbonate

F

Fluor (masse molaire 19)

H+

Ion hydrogène

H

Hydrogène (masse molaire 1)

HCO3-

Ion Hydrogénocarbonate

I

Iode (masse molaire 127)

KI+I2

Lugol = Iodure de potassium + Iode

K

Potassium (masse molaire 39)

MgCl2

Chlorure de magnésium

Mg

Magnésium (masse molaire 24,3)

MgSO4

Sulfate de magnésium

N

Azote (masse molaire 14)

Na 2CO3

Carbonate de sodium

Na

Sodium (masse molaire 23)

NaCl

Chlorure de Sodium (sel)

O

Oxygène (masse molaire 16)

NaHCO3

Hydrogénocarbonate (bicarbonate) de sodium

P

Phosphore (masse molaire 31)

OH-

Ion hydroxide

S

Soufre (masse molaire 32)

SrCl2

Chlorure de strontium

Sr

Strontium (masse molaire 87,6)

Exemple de calcul de la masse molaire d'une molécule :

HCO3 = H+C+3xO = 1+12+3x16 = 37

Les variations naturelles du pH

Dans l'aquarium le pH varie en partie en suivant le taux de gaz carbonique (CO2) dissout dans l'eau car celui-ci se combine à H2O pour former de l'acide carbonique H2CO3.

Une présence d'acide signifie baisse du pH. En conséquence : Le CO2 abaisse le pH.

En corrélation nous avons les effets suivants :

Astuce : La lutte contre la pollution organique contribue également au maintient du pH dans des valeurs acceptables. Il est certainement préférable de s'attaquer à la cause : Retirer les matières organiques en décomposition générant des acides, améliorer la filtration et le brassage. Plutôt qu'à la conséquence : Chute du pH et compensation par ajout de solutions basiques ou alcalines. Un aquarium ayant un mauvais ratio surface/volume peut avoir un pH bas dû à un mauvais échange air/eau et une concentration de CO2. Un meilleur brassage peut simplement réduire le problème.

Techniques de maintien de la durete carbonatee

Si le dKH est inférieur à 7° il est nécessaire de remonter le taux de carbonates dans l’aquarium. Cela se fait par un buffer, mélange de carbonate de sodium, hydrogénocarbonate de sodium [bicarbonate de sodium], et de borate de sodium.

Le buffer augmente l'alcalinité ou la dureté de l’eau. Il a un effet tampon ou modérateur des baisses du pH. Autre effet bénéfique : Il participe comme élément de base à la synthèse du calcaire. Ainsi, avec le chlorure de calcium, il permet le processus de calcification des organismes marins.

Le buffer est composé :

Les ingrédients sont faciles à obtenir en pharmacie. Le bicarbonate a un pH de 7,6. Diminuer la proportion de bicarbonate dans le mélange indiqué ci-dessus permet d'augmenter artificiellement le pH de la préparation qui est naturellement neutre pour l'eau de mer, c'est à dire un pH de 8,2 pour les quantités indiquées. Donc si vous voulez monter légèrement le pH augmentez la proportion de borate et de carbonate. Ajoutez en goutte-à-goutte un litre d’une solution contenant 2 grammes de ce buffer pour 100 litres d'eau à traiter par jour. Il faut surveiller le pH et la dureté de l'eau qui pourra atteindre 10°dKH, mais 8° est déjà un résultat suffisant. Si vous utilisez une eau douce pour compenser l'évaporation, ce qui est le cas avec un osmoseur, il sera sans doute nécessaire de faire l'ajout de buffer pour conserver une dureté suffisante.

Le buffer se trouve également prêt à l'emploi, par exemple SEABUFFER d'Aquarium Systems ou la solution 'alcalinité' de la supplémentation bi-composant ESV B-ionic.

Techniques de maintien du calcium

Résumé : Les ajustements de calcium sont nécessaires à la croissance des animaux. Si vous maintenez des coraux durs cette supplémentation est nécessaire. Le plus simple est d’utiliser quotidiennement du kalkwasser (eau de chaux), aidé éventuellement par un RAH (Réacteur à Hydroxyde de Calcium) branché à un osmolateur qui automatise la distribution. Pour un grand volume équipé d’une décantation et aussi avec un peu d'expérience (vous savez contrôler le pH), vous pouvez installer un RAC (Réacteur à Calcaire). Si vous n'arrivez pas à obtenir un taux de calcium acceptable, remontez-le avec du chlorure de calcium. Dans ce cas vous ajouterez également des carbonates (le mélange ‘buffer’ vu précédemment) ou bien vous utilisez un mélange prêt à l'emploi appelé bi-composants. Cette dernière solution est également acceptable avec un aquarium ayant peu de consommation calcite.

Les équations chimiques de ce chapitre sont fournies dans le but d’une explication complète cependant elles ne sont pas indispensables à la compréhension et vous pouvez très bien les sauter si elles vous rebutent.

Avec nos aquariums récifaux nous sommes confrontés à la disparition du calcium. En fait dans le milieu marin, celui-ci est puisé directement à partir de l'eau par les animaux et plantes lors de leur processus de calcification, c'est à dire à l'élaboration de leur squelette, leur coquille, etc. Ces tissus sont en calcaire composés de calcium [Ca++] et d ’hydrogénocarbonate :

Ca++ + 2 HCO3- <--> à CaCO3 + H2O + CO2

Cette formule, comme toutes les équations chimiques, fonctionne dans les deux sens. On en verra tout l'intérêt avec le RAC. Le taux normal de calcium est d'environ 420 mg/l et il faut essayer de conserver cette valeur pour maintenir une forte croissance des coraux hermatypiques. Il faut au moins rester au-dessus de 300 mg/l mais sans dépasser les 470 mg/l car il y a risque de précipitation. Tout le problème est donc d'ajouter le calcium et les carbonates en quantité nécessaire et suffisante.

Voici les solutions à notre disposition pour ne pas confondre les divers moyens qui nous permettent d'ajuster le taux de calcium dans l'aquarium.

Chlorure de calcium (ajout de calcium)

Le chlorure de calcium est utilisé pour remonter facilement et de façon importante de taux de calcium.

Si vous n'utilisez pas une solution liquide prête à l'emploi, facile à se procurer en animalerie, il faut préparer une solution de CaCl2 dihydrate à 30% (30 g dans 100 ml d'eau osmosée). 100 ml de cette solution contient environ 8 g de calcium ! Avec une telle quantité il est assez facile d'augmenter rapidement le taux de calcium.

Par exemple : Vous désirez un taux de calcium de + 50mg/l dans un aquarium de 300 litres. Cela donne : 50 x 300 ÷ 1000 = 15g de calcium, soit environ 200ml de cette solution. Vous verserez, en goutte-à-goutte, 20ml dilués dans un litre d’eau osmosée par jour pendant 10 jours en contrôlant la progression du taux de calcium.

Cela ne doit pas être répété trop souvent et le chlorure de calcium doit être utilisé conjointement à un buffer pour ne pas faire un déséquilibre de la balance ionique.

Note sur le déséquilibre de la balance ionique

L'ajout de chlorure de calcium est très efficace pour remonter un faible taux de calcium mais abouti à un déséquilibre ionique . C'est à dire la présence non naturelle d'ions dans l'eau de l'aquarium.

Le chlorure de calcium apporte l'ion calcium, du bicarbonate de sodium et du carbonate de sodium sont ajoutés conjointement pour permettre le processus complet de calcification.

Ce sont les solutions dites bi-composants = Buffer + Chlorure de calcium. Ces solutions sont utilisées occasionnellement pour remonter rapidement la concentration de calcium. Mais à cause de ce déséquilibre ionique, ajout de chlorure de sodium, il ne faut pas y avoir recours systématiquement. Une technique, qui utilise du sel sans chlorure de sodium, appelée 'Méthode Balling' contourne ce problème mais n'est pas simple à mettre en oeuvre.

L'usage de Kalkwasser ou d'un RAC est vraiment préférable à long terme.

Voici les équations pour ceux que la chimie ne rebute pas trop. Chlorure de calcium + carbonate et bicarbonate de Na =

CaCl2 + Na 2CO3 + CO2 + H2O <--> Ca++ + 2HCO3- + 2NaCl

CaCl2 + 2NaHCO3 <--> Ca++ + 2HCO3- + 2NaCl

Ajouts de chlorure de calcium et de carbonates (bi-composants)

On utilise d'une part du chlorure de calcium CaCl2 et d'autre part des bicarbonates de sodium NaHCO3 et carbonates de sodium Na2CO3. Nous avons vus précédemment que les équations aboutissent à un déséquilibre ionique et ne sont utilisées que pour augmenter rapidement le taux de calcium.

CaCl2 + Na 2CO3 + CO2 + H2O <--> Ca++ + 2HCO3- + 2NaCl

CaCl2 + 2NaHCO3 <--> Ca++ + 2HCO3- + 2NaCl

Conclusion de l’utilisation du chlorure de Calcium : C'est une solution efficace mais aussi chimique et artificielle, utilisable de temps en temps avec modération. N'oubliez pas que chlorure de calcium et carbonates/bicarbonates de sodium sont conjointement nécessaires. Réservée soit aux petits aquariums sans grands besoins en supplémentation (coraux mous) ou bien pour remonter exceptionnelement un taux bas dans un aquariums de plus grand volume contenant des coraux hermatypiques.

RAC ou RAH ?

RAH : Réacteur à hydroxyde de calcium (ajout de calcium)

Pour conserver le taux de calcium l’ajout d'hydroxyde de calcium ou Kalkwasser est la méthode la plus classique. Cette technique, mise au point par Peter Wilkens, consiste à utiliser de l'hydroxyde de calcium.

Il faut 1,5 g d'hydroxyde de calcium Ca(OH)2 pour préparer un litre de solution à partir d'eau osmosée et d’une cuillère à café pour deux litres. Remuer très doucement. Le mélange obtenu il faut le laisser se décanter quelques heures à l'abri de l'air, celui-ci absorbe le gaz carbonique. Ne pas injecter le dépôt, lait de chaux, mais l'eau de chaux translucide qui se situe au-dessus du dépôt. Verser lentement, goutte-à-goutte, avec une forte dispersion. Plus simplement, vous pouvez utiliser un réacteur à calcium (RAH) qui automatise tout cela. Dans tous les cas veillez à ce que le pH ne dépasse pas 8,6 dans l'aquarium. Si vous avez des coraux durs essayez de conserver un taux de calcium d'environ 420 mg/l, sinon 370 mg/l suffisent. Le kalkwasser peut être utilisé quasi systématiquement pour les compensations d'évaporation du bac, mais en faisant attention à ne pas dépasser 470 mg/l pour éviter le risque d'une précipitation. Autres avantages et bénéfices du kalkwasser :

Un surdosage de kalkwasser peut paradoxalement conduire à une chute importante du taux de calcium. C'est à dire un effet contraire à celui espéré et un risque de perturbation pour l'équilibre de l'aquarium. En effet une précipitation peut survenir dans le cas où on augmente encore la concentration alors que le taux de calcium est déjà supérieur à 500 mg/l. Il se passe alors ce phénomène visible par le trouble de l'eau et même la formation de flocons si le brassage est modéré. Bien sûr, il ne faut pas réunir les conditions provoquant cette réaction et faire la mesure de la concentration du calcium assez régulièrement pour ne pas dépasser la limite de 470 mg/l.

Le Kalkwasser réclame une certaine prudence pour son utilisation directe dans l'aquarium pour cela il doit être ajoutée en goutte-à-goutte et très rapidement dispersée dans l'eau pour éviter une concentration pouvant perturber les animaux ou déclencher une précipitation. Le surdosage de Kalkwasser provoque également une baisse de la concentration de magnésium.

Pour les mêmes raisons, mieux vaut faire peu d'ajout à intervalles rapprochés que trop d'un coup. Le meilleur moment pour l'introduction de Kalkwasser est le matin, lorsque le taux de CO2 est le plus fort et le pH au plus bas.

Voici les équations des réactions chimiques :

Rappel : Lors de l’ajout, il faut surveiller l'augmentation du pH qui ne doit pas dépasser 8,6 dans l'aquarium.

L'hydroxyde de calcium sous forme de poudre est mélangé à l'eau, on utilise, après décantation, uniquement la partie claire de ce mélange appelé 'eau de chaux' :

Ca(OH)2 --> Ca++ + 2 OH-

Lors de l'introduction du mélange dans l'aquarium, les ions OH- vont se combiner avec le CO2 dissous :

CO2 + OH- donne HCO3- puis HCO3- + OH- <--> CO3-- + H2O

Cela est parfait, nous obtenons donc en plus des ions calcium, les ions bicarbonates (Hydrogénocarbonates) et les ions carbonates !

Notez cependant que nous n’obtenons pas l'effet tampon des solutions buffer car les bicarbonates disparaissent lors de l'apparition des carbonates, Il faut continuer d'utiliser séparément des solutions buffer pour augmenter le pouvoir tampon (alcalinité) et limiter les variations de pH.

L'ensemble des réactions production de OH- et absorption de CO2 fait que le réacteur à calcium tend à élever le pH ce qui généralement est une bonne chose, mais il faudra le surveiller.

Mais si le CO2 n'est pas disponible en quantité suffisante ou si on introduit trop rapidement l'eau de chaux il y aura précipitation et production de carbonate de calcium inutilisable :

(Ca++ + 2 OH-) + CO2 --> Ca++ + CO3-- + H2O
Ca++ + CO3-- + H2O --> CaCO3 + H2O

(Ca++ + 2 OH-) + Ca++ + 2HCO3----> 2Ca++ + 2CO3-- + 2H2O
2Ca++ + 2CO3-- + 2H2O --> 2CaCO3 + 2H2O

Le RAH est un simple tube contenant le kalkwasser. Le mélange est soumis à un agitateur magnétique. L’eau de la partie supérieure est injectée lentement par une petite pompe, de préférence dans un endroit de très fort brassage et au moment ou le taux de CO2 est le plus fort, idéalement avant la mise en marche de l'éclairage. Le RAH peut ainsi être associé à un osmolateur et un programmateur horaire pour assurer la compensation de l'eau évaporée par du Kalkwasser dans la deuxième partie de la nuit au moment où le pH est le plus bas.

Cette solution est assez complète et presque parfaite, simple à mettre en œuvre, à la portée d'un débutant mais aux effets limités dus aux contraintes d'injection. C'est une solution de compensation de la chute de calcium largement suffisante dans le cas de conservation de coraux mous et de quelques coraux durs.

RAC : Réacteur à calcaire.

Pour des installations de grandes tailles comportant de nombreux coraux durs hermatypiques, Il est possible de compléter la distribution de kalkwasser par un réacteur à calcaire (RAC). Son principe de fonctionnement (injection de CO2 entraînant la dissolution du calcaire et la libération du calcium et des carbonates) fait qu'il doit être utilisé de préférence dans un bac de décantation avec une surveillance continue du pH car il y a rejets acides en cas de mauvais réglage du réacteur.

Pour cette raison l'utilisation d'un RAC est déconseillée lors du démarrage du bac, période ou le pH est déjà bas, conséquence de la concentration d'acides organiques présents dans cette phase. C’est une solution délicate à mettre en œuvre dans un petit volume car les variations de pH peuvent être rapidement importantes. Par contre, après maturité d’un grand aquarium le RAC présente l'avantage de compenser naturellement les carbonates conjointement à l'apport de calcium.

Le RAC utilise la formule inverse au processus de calcification. Du CO2 est injecté dans un mélange calcaire CaCO3 généralement de l'aragonite, pour faire une dissolution de celui-ci en milieu acide :

Injection de CO2 :

CO2 + H2O <--> H2CO3 <--> H+ + HCO3-

Réaction avec le calcaire :

CaCO3 + H2O + CO2 --> Ca++ + 2 HCO3-

Puis :

CaCO3 + HCO3- + H+ --> Ca++ + 2 HCO3-

L'acidité due à l'injection de CO2 est ainsi partiellement neutralisée par la dissolution du calcaire, cependant l'eau de sortie est tout de même acide et il faut savoir parfaitement contrôler l'injection de CO2 pour que pH soit suffisamment bas dans le réacteur pour dissoudre le calcaire sans que le pH soit trop faible en sortie. Pour information : l'aragonite se dissout avec un pH inférieur à 7,5 et la calcite avec un pH inférieur à 6,5 on voit l'avantage d'utiliser de l'aragonite.

Cette solution est la plus naturelle, son inconvénient est le dosage pointu du CO2 ainsi que le coûteux matériel nécessaire à la mise en œuvre : Bouteille de CO2, pH mètre, pompe, etc.

C'est aussi une installation qui complète assez bien un DAS (Dénitrateur Autotrophe sur Soufre).

 

N’oubliez pas : Tous les additifs sont disponibles chez votre revendeur ou par VPC sous différentes appellations commerciales. Vérifiez bien que le produit est compatible avec un usage pour aquariophilie marine récifale. Lisez attentivement le mode d’emploi et respectez les doses prescrites par le fabricant.

Astuce : Les additifs peuvent être aussi avantageusement achetés en pharmacie sous forme de produits purs ce qui est préférable. L’utilisation et le dosage de ces produits purs sont un peu plus contraignants, ils sont indiqués dans ce guide mais nécessite une bonne compréhension des formules.

Spécial nano. Dans un petit volume les changements partiels d’eau peuvent être suffisants pour compenser les principales carences et l’ajout d’additifs peut devenir superflu.

N’oubliez pas : Agissez avec parcimonie, un surdosage est toujours tentant, souvenez-vous que : Le plus est l’ennemi du bien.

Magnesium

L’eau de mer naturelle contient une bonne quantité de magnésium (1330 mg/l), les sels synthétiques souvent moins. Le magnésium est aussi peu à peu consommé par les organismes et réduit par l’ajout de kalkwasser. En ajouter peut s’avérer finalement nécessaire. D’autre part maintenir un taux correct de magnésium facilite l’apport ultérieur de calcium. La faible croissance ou le blanchiment des algues calcaires corallines est un symptôme d’une carence en magnésium. Des tests permettent de le mesurer avec plus de précision et des additifs sont disponibles pour maintenir un taux acceptable.

Vous pouvez aussi avantageusement le doser vous-même : 7,98 g de chlorure de magnésium hexahydraté (MgCl2 6H2O) + 0.95 g de sulfates de magnésium heptahydraté (MgSO4 7H2O) sont égal à l’ajout total de 1 g de magnésium. Calculez les quantités en fonction du taux à corriger et du volume de l’aquarium. Il faut répartir la dose totale pour le pas dépasser 20 mg/l par jour. Soit pour 100 litres 2 g de Mg et donc environ 17 g de ce mélange dans 1 l que vous distribuez en goutte-à-goutte.

Autres additifs

Compensation des éléments iode et strontium

Ces éléments sont présents en très faible quantité. Les ajouts sont faits régulièrement sans mesures préalables, les kits n'étant pas très précis. Il faut donc agir avec une extrême modération. Bien que faiblement dosés, ils agissent de façon significative sur la croissance des coraux.

Iode

L’ajout d’iode en faible quantité est conseillé pour la conservation des coraux mous et des invertébrés.

Alternativement : De 0,5 ml pour 100 litres d’une solution d'iodure de potassium KI à 5% par semaine ou d’une goutte de lugol par mois pour 100 litres (mélange d’iode I et d’iodure de potassium que votre pharmacien peut vous préparer).

Il est tentant d’ajouter trop d’iode car c’est un produit fortement dosé. La mesure de la quantité d’iode présente dans l’aquarium n’est pas facile à faire. Aussi sans surveillance modérez les ajouts pour rester raisonnable, surtout de lugol qui provoque une accumulation d’iodates.

Astuce : Le lugol dosé à raison de cinq gouttes par litre peut être utilisé dans un récipient pour désinfecter un corail atteint par un parasite. Par exemple : Une bouture de Sarcophyton atteint de nécrose. Laissez agir le traitement environ un quart d’heure.

Chlorure de strontium

Comme pour l’iode, conseillé pour les coraux mous, le strontium faiblement dosé est ajouté pour la conservation des coraux durs. Vous ajoutez 0,5 ml à 1 ml pour 100 litres d'une solution soluble à 10% de Sr2Cl2 (10 g dans 100 ml d'eau) chaque semaine dans l'aquarium. De façon identique à l'iode, le strontium disparaît naturellement en quelques jours. L'écumeur est en partie responsable de cette extraction. Son absence peut pondérer le dosage. Le strontium ne doit pas être sur dosé en absence de contrôle.

Ajouts éventuels d’éléments traces

Ces éléments ne seront ajoutés qu’avec parcimonie, l’effet bénéfique est plus sujet à discussion. Ils disparaissent au bout de quelques jours mais des produits dérivés peuvent s’accumuler avec le temps.

Vitamines, Oligo-éléments

L'intérêt d'utiliser des vitamines C (antioxydants) ou d'ajouter des oligo-éléments est plus discutable. Un débutant ne doit pas se préoccuper de ces ajouts autrement que par une nourriture saine et variée et aussi par un changement partiel de l'eau avec un sel synthétique complet. Pour être significatif le renouvellement doit être d’au moins 10% du volume de l’aquarium par mois. Ainsi les éléments traces seront remplacés sans risque de surdosage.

Gaz carbonique CO2

L’injection de CO2 faite dans un réacteur à calcaire provoque la libération du calcium et des carbonates.

Plus d’info au chapitre ‘RAC : Réacteur à Calcaire

Remarques concernant les additifs

Les animaux sont très sensibles aux variations et, sauf urgence exceptionnelle et désespérée, les ajouts et correctifs doivent être mesurés de façon à ne pas modifier rapidement le milieu.

La règle est de ne pas changer la valeur d’un paramètre de plus de 1 à 2% par jour. Par sécurité il faut appliquer un faible dosage de test pour vérifier de son action le lendemain. La dose est ainsi ajustée graduellement.

En particulier il faut être prudent lors de l'ajout d'additifs dans l'aquarium. Un exemple : Le kalkwasser est un produit fortement basique (pH=12) et dangereux à haute concentrations pour les organismes de l’aquarium, il faut le doser avec précaution. L'idéal est de disposer d'une décantation qui permet la dispersion des préparations en toute sécurité et de coupler le RAH à un osmolateur utilisant une pompe doseuse [périlstatique].

Astuce : Si vous faites les ajouts directement dans l’aquarium voici un petit montage simple à mettre en œuvre. L’injection est faite directement par gravitation à la sortie d'une pompe de brassage pour éviter une concentration locale trop importante. Le flacon contenant la solution est raccordé à la prise venturi d'une pompe MaxiJet™ 1200 via un robinet réglé à environ 1 goutte par seconde. La dispersion est assurée sans risque de colmatage du tuyau. Le réglage doit tenir compte de l'effet venturi qui créé une bonne dépression et augmente le débit. Il faut prévoir une entrée d’air.

Goutte a goutte

Bien sûr, pendant la diffusion la pompe est en service. Après utilisation le venturi est rebouché. Ce principe peut être étendu aux autres additifs.

Un bac Jaubert (ou DSB) doté d'une grande quantité d'aragonite semble plus stable du point de vue des paramètres physico-chimiques, peut être par la dissolution lente du substrat calcaire sous l'action du CO2. Les méthodes Jaubert et DSB sont cependant plus complexes à maîtriser pour un débutant. En particulier la phase de démarrage est longue et la lutte avec les algues filamenteuses et les cyanobactéries, très délicate. Pour ces raisons il est préférable de commencer avec la méthode berlinoise et une population de coraux mous, moindres consommateurs de calcium.

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