AccueilIntroduction
Valeursmoyennes
La maintenance
Phase deDémarrage
Le choixFO ou récifal
Micro, nano et pico
L'investissementTime and Money
Savoircommencer
AdditifsComposition
Dosages
Les animauxconseillés
au débutant
BudgetEstimation
des couts
LexiqueAbréviations
Glossaire
Liste dumatériel
Conclusion10 clés du succès
FiltrationsCycle de l'azote
Mon bacParamètres
Photographies
Le biotopeEcosystèmes
récifaux
Introduction
Accueil - Introduction
Ce site est consacré à l'aquariophilie marine et plus précisement aux petits aquariums récifaux appelés Nano-Récifs et Micro-Récifs, c'est-à-dire aux aquariums d'eau de mer de moins de 200 litres abritant poissons et invertébrés, notamment des coraux. Le débutant y trouvera la synthèse des principes fondamentaux et les bases nécessaires à la réalisation pratique d'un petit aquarium reproduisant un écosystème récifal. L’aquariophile confirmé ou le propriétaire d'un aquarium récifal de plus grand volume y glanera des informations utiles.
La compréhension de quelques règles fondamentales et la mise en application des techniques, testées et éprouvées par un bon nombre d'amateurs, permettent de réaliser un aquarium apte à conserver sur le long terme des poissons et invertébrés, faire croitre et même propager les coraux que l'on peut échanger entre amateurs.
Quelques solutions sont possibles pour réaliser un aquarium récifal. Cependant appliquer, même très consciencieusement, une méthode réputée efficace n'aboutit pas nécessairement au résultat escompté. Chaque nouvelle réalisation est en effet une nouvelle histoire.
Lorsque l'on débute, il s’agit de mettre toutes les chances de son coté sans oublier d’admettre qu’il subsiste une part qui ne peut pas être décrite simplement et que de nombreux paramètres interviennent. Il n’y a, hélas, pas de recette, assurant de réussir facilement à tout coup.
Pour cette raison, plutôt que de lister le matériel nécessaire et sa mise en œuvre, ce site explique le fonctionnement global, l'équilibre écologique sur lequel repose un aquarium récifal. Les explications très techniques exposées en première partie facilitent ultérieurement la compréhension des nombreuses interactions, physiques, chimiques et biologiques ayant lieu dans l’aquarium, microcosme récifal.
Le contenu s’adresse aux débutants tentés par l’aquariophilie marine. L’objectif est d'appréhender les points essentiels sans simplifications excessives. La technique la plus simple est décrite en détail, les animaux robustes sont cités ainsi que ceux qui sont déconseillés aux néophytes. Il s'agit de faire le point sur les véritables difficultés de mise en œuvre de l’aquarium marin pour que la décision d'un aquariophile choisissant de débuter en 'récifal' soit fondée sur des bases objectives. Si vous décidez de vous lancer vous le ferez en connaissance de cause et la réalisation de votre aquarium ne vous apportera que plaisirs et agréments.
La connaissance des principes naturels permet la réalisation réussie de l’aquarium récifal, il vous fait aussi prendre conscience de la fragilité de ces écosystèmes, de leur rareté, et pour certaines espèces, de leur incapacité à survivre hors de leur milieu naturel. Ainsi aiderez-vous la protection des récifs contre un pillage inutile.
Voici donc, brièvement résumé :
-
L'état d'esprit, les conditions requises,
-
Quelques notions fondamentales et principes biologiques,
-
Un exposé des techniques et du matériel à notre disposition,
-
Les espèces résistantes conseillées au débutant,
-
Les étapes successives de la phase de démarrage,
-
L'entretien quotidien d'un petit aquarium récifal.

Poisson 'clown' Amphiprion perideraion et son anémone symbiotique Heteractis magnifica
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astuces
Un blog vous permet de poser une question sur un point précis et d'échanger nos points de vues. Ce blog constitue de fait la FAQ (questions fréquentes) complément utile du site microrecif.
- Pour obtenir une version complète, téléchargez le Petit Manuel de maintenance d'un aquarium récifal à l'usage du débutant. celui-ci est au format Adobe PDF
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Petits aquariums récifaux
Guide pratique du débutant est maintenant un livre disponible en animalerie et sur Internet. Toutes les informations pour l'obtenir.
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Jean-Louis Cuquemelle alias JLC
MicroRécif PETIT MANUEL DE MAINTENANCE D’UN AQUARIUM RECIFAL DE FAIBLE VOLUME A L’USAGE DES DEBUTANTS JEAN-LOUIS CUQUEMELLE Tous droits réservés par Jean-louis Cuquemelle Introduction Ce petit manuel est consacré aux aquariums récifaux et plus particulièrement aux micro-récifs, c'est-à-dire aux aquariums marins de moins de 200 litres abritant petits poissons et invertébrés, notamment des coraux. Les débutants y trouveront la synthèse des principes généraux ainsi que les bases nécessaires à la réalisation d'un aquarium récital. Les aquariophiles confirmés y glaneront des informations qui leurs seront, je l'espère, utiles. L'assimilation des quelques règles et techniques exposées ici, éprouvées par un grand nombre d'amateurs, est la base qui permet de couronner de succès l'entreprise, c'est à dire la conservation sur le long terme des poissons animaux, la croissance et la propagation des coraux. Vous prendrez également conscience de la fragilité de ces écosystèmes et aiderez la protection des récifs contre leur pillage. Bien entendu il existe d'autres solutions pour réaliser son aquarium récifal et l'application stricte d’une méthode n'aboutira pas toujours au même résultat. Chaque nouvelle réalisation est une nouvelle histoire. De nombreux paramètres interviennent qui ne permettent pas d'établir une loi absolue, gagnante à tout coup. Pour cette raison, plutôt que d'indiquer simplement une recette, j'explique le fonctionnement global, l'écologie de l'aquarium récifal, en vulgarisant un peu les diverses techniques (je m'en excuse par avance auprès des experts). Bien sur, les interactions réelles sont plus complexes, le but est d'aborder ici les points essentiels, sans cependant tomber dans le simplisme. Voici donc, brièvement résumé : L'état d'esprit et les conditions requises, un exposé des techniques et du matériel à notre disposition, les étapes successives du démarrage et enfin l'entretien quotidien d'un bac récifal de volume réduit abritant des espèces robustes. Si vous voulez réagir, signaler une erreur, donner votre avis, poser une question, m’encourager ou me critiquer… Voici mon adresse de courrier électronique : microrecif@neuf.fr MicroRécif est aussi un site internet : http://microrecif.ovh.org Sur le site Internet vous trouverez des informations complémentaires et pourrez télécharger le tableau de maintenance au format Microsoft® Excel, vous facilitant la saisie et le traitement des informations relatives à votre aquarium. Avant de commencer Une expérience d'aquariophile d'eau douce est souhaitable, sans être cependant indispensable, mais ce n'est pas suffisant pour démarrer sans une bonne préparation un aquariophile marine. Si germe en vous l'idée de posséder un aquarium récifal la première chose à faire est de bien vous informer. Et d’être patient ! Prenez le temps nécessaire à la compréhension de toutes les informations exposées dans ce petit manuel. Vous éviterez probablement l'échec dû à un trop grand empressement et respecterez ainsi au mieux le milieu naturel. Pour progresser et approfondir vos connaissances je vous incite à vous documenter à partir : * Des livres sérieux traitant de l'aquariophilie récifale. LA Bible : Les tomes 1 & 2 de L'aquarium récifal de Julian Sprung et J-Charles Delbeek publiés chez Ricordea Publishing. Un inconvénient majeur : Ces livres sont chers et le débutant hésite à investir de telles sommes sans savoir s'il va persévérer. * Des clubs et amis aquariophiles. * Des newsgroups, comme par exemple le groupe : fr.rec.aquariophilie.marine. * Des sites Internet. C'est aussi une bonne solution pour se faire une formation à moindre coût et trouver les réponses à toutes ses questions aux travers des forums spécialisés. Au chapitre liens, vous trouverez une liste de sites Internet fournissant des renseignements complémentaires, utiles et indispensables à cette petite introduction aux systèmes de maintenance des aquariums récifaux. Il faut assimiler le fonctionnement de l'aquarium récifal. Il est important de connaître les différentes techniques de filtration, l’épuration biologique et les méthodes récifales qui en découlent : Berlinoise, Jaubert, etc. Il faut se familiariser avec les paramètres intervenant dans les équilibres physico-chimiques et les différentes interactions entre pH, calcium, dKH, etc. Il faut, bien entendu, connaître les besoins des plantes et des animaux, avoir des notions sur l’écologie des biotopes récifaux. Ces notions sont abordées au cours des différents chapitres de ce manuel. Cette phase de formation ne coûte rien, si ce n'est un peu de votre temps. Vous devez la faire durer suffisamment pour vous sentir compétent, ne plus être rebuté par le jargon technique, entrevoir le pourquoi et le comment. Il ne suffit pas de connaître et d'appliquer une méthode aveuglément si on ne comprend pas comment elle marche. Prendre le temps d'acquérir la technique et de mûrir son projet évite échecs, erreurs et regrets. Ainsi au fil de vos recherches, vous prendrez conscience des différentes contraintes, vous serez plus sûr de vos choix. Commencer trop rapidement puis modifier après coup une installation fonctionnant mal n'est pas une chose aisée et même parfois désespérante. Voir dépérir et mourir les animaux jour après jour est complètement déprimant et contraire au but recherché. L'investissement nécessaire pour réaliser un aquarium marin Aurez-vous les moyens de réaliser votre rêve ? La question est effectivement à se poser sérieusement car un aquarium marin récifal nécessite un double investissement : En temps et financier. Même si vous recherchez les solutions les plus économiques (achats de matériels d'occasion, bricolages, bac de dimensions modestes, etc.), les moyens financiers à mettre en œuvre sont vraiment loin d'être négligeables… Et peuvent être astronomiques si la réalisation est prestigieuse. Le bac de vos rêves choisi, il est finalement assez facile de lister le matériel nécessaire et d'établir la somme des dépenses pour l'achat initial puis de l'entretien. Pour indication, vous trouverez le coût d’un petit aquarium au chapitre budget. Les équipements ne peuvent pas être achetés au fur et à mesure mais sont nécessaires immédiatement dès la mise en eau du bac. Ne faites pas de concession sur la qualité du matériel, un modèle économique mais ne remplissant pas la fonction et devant finalement être remplacé revient très cher. Par exemple : Un écumeur sous dimensionné que vous devez changer en catastrophe quelques semaines après son achat. Prenez le temps de faire les plans détaillés de votre installation avec la liste exhaustive du matériel, cela vous permettra d'affûter le coût du projet, de ne rien oublier. Intégrez dans le coût les opérations de maintenance : Electricité, remplacement annuel de l'éclairage, ajouts périodiques (nourriture, sels, calcium, iode, etc.). Second point à vérifier, votre disponibilité. La phase de démarrage d'un bac occupe quasiment tous ses loisirs (week-end et soirée). Même en régime de croisière il faut prévoir consacrer ½ heure par jour et ½ journée par semaine à l'entretien et l'observation de son aquarium. Votre entourage et vos autres activités vont peut être en pâtir. Pensez aussi que les absences de plus de quelques jours nécessiteront obligatoirement que quelqu'un vous remplace pour nourrir les poissons, surveiller et entretenir le bac. Il y a aussi les problèmes de transport de l’aquarium en cas de déménagement. L'aquariophilie récifale est réellement un hobby pour passionnés. Fixer son choix entre les différents types d'aquariums Vous êtes toujours décidé à vous lancer dans l'aventure ? Bon, à partir des informations que vous aurez recueillies et de l'évaluation objective de vos moyens vous allez devoir choisir le biotope que vous voulez reproduire, et donc les futurs habitants de l'aquarium. Cela détermine le type de fonctionnement de l'aquarium, ainsi que la méthode que vous utiliserez pour le faire fonctionner. Je vais revenir sur les différentes possibilités offertes, sachez que le type choisit vous devrez respecter les règles et les critères imposés par la méthode qui sera appliquée et que vous ne pourrez pas facilement changer de technique. Dans ce domaine, l'innovation ou le panachage des diverses solutions possibles ne donne que des résultats incertains et n’est à réserver qu’aux aquariophiles expérimentés. La technique utilisée est adaptée au type d'aquarium, c'est à dire aux animaux conservés, et même au biotope, que vous voulez recréer dans votre bac d'eau de mer. Voici les trois principaux types d'aquarium marins, classés ici par ordre de difficultés croissantes : * Les Poissons Seuls (FO ou Fish Only). * Abritant également des coraux mous et des invertébrés résistants. * Abritant des coraux durs et/ou des invertébrés plus exigeants. Un aquarium abritant des invertébrés en plus des poissons doit avoir une qualité d'eau supérieure, en particulier il faut obtenir un taux de nitrates et de phosphates proches de zéro et un taux de nitrites nul. Ces paramètres doivent être stables et maintenus dans le temps. La qualité d'eau est alors apte pour le récifal mais cela n'est pas aussi simple a obtenir qu'une qualité d'eau satisfaisante pour un aquarium Fish Only. La qualité de l'eau dépend pour une bonne partie du système de filtration mis en place dans l'aquarium marin. Voici les principales techniques de filtration à notre disposition. J'ai différencié deux groupes : Le groupe des méthodes classiques de filtration adaptées aux FO (Fish Only) et les techniques spécifiques aux aquariums récifaux : Techniques FO (poissons) * Filtres humides, bio-balles, etc. * Filtres humides, bio-balles, etc. + écumeur. * Filtres humides, bio-balles, etc. + écumeur + DAS. * Filtres à algues (Méthode Adey). Techniques Récifal (poissons et invertébrés) * Pierres Vivantes + écumeur : Méthode berlinoise * PV + Sable Vivant + plénum : Méthode Jaubert * PV + Sable Vivant : Méthode DSB / Ron Shimeck Ce petit guide développe essentiellement la technique appelée ‘Méthode berlinoise’ mise au point pour les aquariums récifaux. Mais si, grâce à ces méthodes maintenir un aquarium récifal est à la portée de tous, un débutant doit savoir rester humble et limiter ses ambitions. Pourquoi commencer avec un aquarium peuplé d'espèces fragiles ou réputées difficiles à conserver ? Le régime alimentaire, un environnement spécifique, le comportement, peuvent rendre problématique la conservation à long terme des animaux. Un exemple : Les anémones sont des organismes qui sont, d'une part exigeants quand aux conditions d'environnement et d'autre part incompatibles avec les autres invertébrés fixés du fait de leur mobilité et de leur pouvoir urticant. Il faut donc de préférence éviter les anémones dans un aquarium récifal communautaire. Pourtant le projet initial est le plus souvent : “Deux poissons clowns, une anémone, et puis, si tout va bien, quelques coraux”. En fait il faut mieux placer un corail mou de substitution qui sera plus facile à maintenir et les poissons clown s’en accommoderont fort bien. En ce qui concerne les fragiles scléractiniaires ou coraux durs (coraux sécrétant un squelette calcaire), ceux-ci ne pourront être envisagés qu'à partir de la première année de bon fonctionnement de l'aquarium. Ces derniers nécessitant une maintenance encore plus pointue des paramètres physico-chimiques de l'eau de l'aquarium. Je conseille de commencer avec un petit aquarium de 150 à 200 litres peuplé de poissons, d'invertébrés et d'alcyonaires résistants (coraux mous). C'est un aquarium récifal nécessitant un assez faible taux de nitrates mais sans exigences particulières et relativement facile. Pour le faire fonctionner la méthode berlinoise est la meilleure solution. Cette méthode à été mise au point par Dietrich Stüber et les aquariophiles de Berlin et aussi P. Wilkens en Suisse. C'est cette technique qui recueille actuellement le plus d'adhésions parmi les amateurs. Elle est assez simple à mettre en œuvre et a permis la réalisation de nombreux aquariums aptes à conserver sur plusieurs années des invertébrés. La méthode berlinoise repose sur l'utilisation en nombre suffisant de pierres vivantes et de petits détritivores assurant l'épuration biologique au sein même de l'aquarium. Les pierres vivantes sont des débris coralliens ou des roches poreuses abritant une importante microfaune détritivore assurant la filtration biologique et cela jusqu'à la dénitratation ou complétion du cycle de l'azote. Cette filtration biologique naturelle fait l’objet d’une analyse détaillée dans le chapitre suivant. La méthode berlinoise nécessite, en plus des pierres vivantes : * Un écumeur puissant et correctement dimensionné, * Un éclairage intense, * Un brassage efficace. 150 à 200 litres c'est peu car l'équilibre biologique est plus délicat à maintenir que dans un bac plus volumineux ou les variations sont plus lentes et ou le temps de réaction pour corriger un problème est allongé. Pour cette raison, et aussi pour les conditions de vie infligées aux poissons, les volumes inférieurs à 300 litres sont généralement déconseillés aux débutants. Je ne partage pas totalement cet avis, ce peut être aussi un bon test, une première étape, pour savoir si vous êtes un bon observateur, attentif au moindre changement et apte à l’aquariophilie récifale. Voici pourquoi choisir un volume réduit : * Un petit bac nécessite un investissement moindre qu'un grand. Certaines dépenses sont diminuées : Pierres vivantes, invertébrés et détritivores, coraux, poissons, eau, sable. Mais attention aussi de ne pas généraliser, d'autres non, en particulier l'équipement technique. L'écumeur, par exemple, n'est pas directement proportionnel au volume et doit être surdimensionné dans un petit bac instable par définition. * L'entretien est moins coûteux : Changements d'eau, additifs, échange annuel des lampes, facture eDF,… * Personne n'est à l'abri d'une erreur ou d'un coup de malchance. Les risques sont considérablement accrus lorsque l'on est débutant. Les pertes dans un petit bac seront donc sagement limitées. * Entretenir un petit bac occupe malgré tout moins de temps qu'un grand. Et connaître les contraintes : * Résister à la tentation d'introduire un trop grand nombre de poissons, des poissons de trop grande taille ou ayant besoin d'espace ou de cachettes pour fuir un harcèlement et se sentir en sécurité. * Ne pas compter son temps passé à surveiller, observer et mesurer (c'est également vrai avec un grand bac mais n’est pas proportionnel au volume). * Savoir interpréter les signes avant-coureurs d'un dérèglement. * Contrôler ses réactions et agir avec modération. Cependant si votre budget vous le permet, optez pour un mini-récif, bac de 300 à 500 litres environ, qui est plus stable, plus lent dans ses réactions, plus tolérant aux erreurs de dosage et qui offre de bien meilleures conditions de vie aux poissons. Soyez conscient que malgré cette apparente stabilité, un volume plus important ne fait souvent que retarder l'apparition des symptômes d'un dérèglement et qu'alors son inertie devienne pénalisante pour rectifier la situation. Cela ne vous dégage donc pas de l'attention et du temps que vous devrez accorder à votre aquarium. Bien que techniquement faisable, choisir un volume supérieur à 500 litres me semble un peu ambitieux pour un débutant. Après une première expérience, vous pourrez envisager plus sereinement cette réalisation. A l'opposé des aquariums géants, vous pouvez choisir de faire un nanorécif, bac de moins de 100 litres, ou même un picorécif de moins de 50 litres. Dans ces aquariums bonsaïs le choix se limite à maintenir seulement quelques invertébrés et il devient impossible d'y conserver des poissons. Mais si vous y placez seulement quelques coraux et petits invertébrés l'effet spectaculaire est (presque) garanti et le rapport satisfaction / prix imbattable ! Fixez votre objectif sans surévaluer vos capacités techniques et financières. Il vaut mieux revoir son projet plus modestement que de ne pas arriver à mettre les moyens nécessaires à sa réalisation. Commencez par utiliser les techniques les plus simples, les plus éprouvées et choisissez les animaux les plus robustes en captivité pour acquérir une première expérience. Cycle de l'azote, techniques de filtration en aquariophilie, autoépuration biologique La compréhension des mécanismes de ce qu'on appelle le Cycle de l'azote est une des clefs permettant le succès de l'entreprise. Voici un petit chapitre sur les techniques de filtration sur et la gestion des déchets qui, je l'espère, éclaircit un peu le pourquoi des systèmes de filtration des aquariums récifaux. Le lecteur gardera à l'esprit la formule de Lavoisier “Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme”. Pour simplifier à l'extrême, et pour résumer, les déchets des animaux et plantes résultants de l'apport nécessaire en aliments, qui sont composés essentiellement d'azote organique, peuvent être éliminés principalement de l'aquarium de deux façons : Par une action mécanique et par une filtration biologique. 1. Filtration mécanique (extraction) L'action mécanique peut être réalisée de différentes façons : * Grâce à un écumeur de protéines, * Par un piégeage des particules dans un bac de décantation externe alimenté de préférence par une surverse puis par siphonage de ces sédiments, * En cultivant des plantes et en retirant par élagage les nitrates et les phosphates fixés dans leurs tissus, * Par le siphonage des sédiments et déchets dans le bac, * Par un renouvellement partiel de l'eau (de 10 à 25% mensuellement), * Avec un filtre externe équipé de mousse en perlon, * Avec une pompe de brassage équipée d’une crépine filtrante. Dans ce deux dernier cas, il s'agit ici de filtration mécanique, et un filtre externe ne doit pas démarrer une filtration biologique. Le filtre est pour cela nettoyé complètement ou le perlon changé très fréquemment et cela au moins une fois par semaine. Sans être inefficace, une filtration mécanique seule ne peut pas extraire 100% des déchets, fort heureusement d'ailleurs, car cela diminuerait considérablement la biodiversité ! 2. Filtration biologique (transformation - Autoépuration) Dans ce cas les déchets constitués d'azote organique ne sont pas réellement retirés mais sont retraités (ou dégradés) biologiquement. La microflore et une chaîne de détritivores et de décomposeurs (centimétriques puis millimétriques et enfin microscopiques) se chargent de la réduction des déchets. Pour cette raison il faut chercher à conserver le maximum de ces précieux auxiliaires que sont les crevettes, vers, bernard l'ermite [pagures], ophiures, amphipodes, etc. Jusqu'à la microfaune et cela même si leur aspect n'est pas engageant. Finalement ce sont les précieuses bactéries qui bouclent le cycle : a) Les bactéries aérobies (qui "respirent" ou plutôt captent l'oxygène en dissolution dans l'eau) vont commencer le travail en transformant successivement les déchets organiques en décomposition : Ammonium et ammoniac en nitrites (bactéries nitrosomonas), puis en nitrates (bactéries nitrobacter). C'est la phase de nitratation : NH3/NH4 --> NO2 --> NO3 Si on en reste là, le milieu est suffisamment épuré pour convenir aux poissons, animaux supérieurs moins sensibles au taux de nitrates que les invertébrés. Les filtres biologiques classiques : Bio-balles, sous gravier, gouttière, humides, etc., nous permettent d'arriver à cette étape et sont utilisés avec succès dans nombres d'installations et aquariums Fish Only. On peut noter que les plantes sont capables d'utiliser pour leur croissance les nitrates et ainsi obtenus. Nitrates et phosphates sont stockés dans les tissus des végétaux et peuvent être extraits de l'aquarium par un simple élagage. Par contre si le végétal meurt ou est consommé par un animal herbivore et que le résidu n'est pas extrait mécaniquement par le filtre, la décantation ou l'écumeur, il y a restitution et le cycle devra être recommencé. b) Les bactéries anaérobies vont terminer le travail, c'est à dire compléter le cycle. En effet, en l'absence d'oxygène dissout, celles-ci vont extraire des nitrates l'oxygène nécessaire à leur métabolisme. L'azote (N2), gaz neutre est séparé de l'oxygène et rejeté sous forme gazeux. C'est la phase de dénitratation NO3 --> N2 qui se fait dans un milieu pauvre en oxygène ou hypoxique. Deux familles de bactéries différentes sont capables d'opérer cette dénitratation : La famille des bactéries autotrophes et celle des bactéries hétérotrophes. i) Les bactéries autotrophes utilisent des composés inorganiques, c'est cette famille des thiobacillius qui est présente dans le très efficace dénitrateur externe : DAS (Dénitrateur Autotrophe sur Soufre mis au point par Marc Langouet). Le soufre servant de support aux bactéries étant effectivement inorganique et ne contient pas de carbone. Inconvénient de ce système le rejet de gaz carbonique CO2 et d’ions H+ dans l'aquarium qui ont pour effet d’abaisser le pH. ii) Les bactéries hétérotrophes de la famille des pseudomonas, quant à elles puisent leurs constituants dans les composés de carbones organiques, ceux par exemple issus des aliments et rejets d’origine animale ou végétale. Ces bactéries sont hébergées dans des zones où l'oxygène pénètre difficilement avec une circulation très lente de l'eau. Ce dernier processus nous intéresse particulièrement car il est possible de le reproduire facilement en aquarium : * Dans les couches profondes du sable pour les systèmes Jean Jaubert ou encore DSB [Deep Sand Bed]. * Dans les anfractuosités internes de pierres poreuses pour la méthode berlinoise. Des conditions particulières sont nécessaires pour que ces systèmes (berlinois, Jaubert, DSB) utilisant des bactéries hétérotrophes fonctionnent correctement : * La microflore et la microfaune doivent s'installer et pouvoir survivre. Elles doivent disposer d'un substrat et d'un milieu adéquat. Une fois terminée la phase de démarrage de l’aquarium les apports en nutriments composés de carbones organiques doivent être suffisants et réguliers. Notez qu'un apport de carbone peut être fait par ajout artificiel de glucose pour doper la colonie bactérienne sans ajout de composants azotés. Méthode à utiliser avec extrême prudence ! * Ce système ne doit pas être en concurrence avec un autre filtre biologique produisant des nitrates en trop grande quantité (cas des filtres semi-humide, bio-balles, sous gravier, …). * Il ne doit pas y avoir surcharge, c'est à dire déséquilibre entre la quantité de production des déchets d'azotes organiques apportés par les aliments, vis à vis de la capacité de retraitement. Pour ces raisons, Il faut respecter scrupuleusement les conditions spécifiées par chacune de ces méthodes d'épuration hétérotrophes (berlinoise, Jaubert ou encore DSB) sans cela on va vers un échec. La masse totale et la qualité du substrat de culture des bactéries sont les critères essentiels. Pour assurer le support aux bactéries dénitrifiantes les pierres poreuses d'un système berlinois doivent posséder des caractéristiques physiques adéquates et compatibles avec le milieu marin. C'est le cas avec les pierres vivantes composées d’anciens morceaux de coraux préparés en milieu naturel et de taille suffisante. En ce qui concerne la méthode Jaubert ou DSB, le sable de corail naturel mis en épaisseur suffisante convient parfaitement. L'aquariophilie récifale nécessite la mise en œuvre d'un système garantissant une épuration naturelle c'est à dire la complétion du cycle de l'azote : Nitratation suivie d'une Dénitratation. Différentes solutions, plus ou moins adaptées selon le biotope et le type de l'aquarium, peuvent être mises en place pour assurer cette filtration biologique. En résumé, nous avons comme méthodes de filtration éprouvées à notre disposition : * Un filtre semi-humide ou bio-balles associé à un écumeur et éventuellement un DAS. Solution adaptée à un aquarium répondant bien aux critères d'un FO. * Un filtre à algues plus des pierres vivantes et/ou sable vivant, méthode mise au point par Walter Adey. * Un système de filtration par sable1 vivant systèmes Jean Jaubert ou DSB mise au point par Ron Shimeck. * Une filtration combinant des pierres vivantes et un écumeur ou méthode berlinoise. Parmi les différentes solutions adaptées au récifal, la méthode du Dr Adey, culture avec élagage régulier des plantes, est peu incompatible avec un aquarium d'amateur peuplé avant tout de coraux. La quantité de plantes nécessaires pour une dénitratation efficace est en effet bien trop importante et les résultats sont relativement décevants. L'application de ce principe passe généralement par un bac de culture spécifique relié à l'aquarium. Comme la première solution DAS + filtre bio-balles ou humide, cette technique convient bien pour les aquariums FO, mais pose quelques problèmes dans la pratique avec les bacs contenant des invertébrés. Il faut cependant noter que la culture et l'élagage des plantes est un excellent complément aux autres techniques. Par exemple : Les techniques de filtrations biologiques sur sable ou boues dans un bac refuge. Les solutions berlinoises et Jaubert sont particulièrement bien adaptées aux bacs récifaux. Elles mettent en œuvre un système de traitement simplement amélioré de l'aquarium naturel imaginé en 1961 par Lee Chin Eng. J'interprète Naturel comme la mise en place d'un écosystème autonome imitant un biotope ou morceau de nature. Il est quand même utopique d'espérer trouver un aquarium de faible volume définitivement stable, autosuffisant, et fonctionnant comme le milieu naturel, mais on recherche une solution ne nécessitant plus qu'un minimum d'interventions. Les techniques basées sur le sable vivant des méthodes DSB ou Jaubert, semblent donner de bons résultats mais sont plus difficiles à maîtriser. Elles nécessitent une solide expérience dans le contrôle des divers paramètres. Il est sage d'acquérir ces compétences en se faisant la main avec un aquarium utilisant la méthode berlinoise. Pour sa simplicité de mise en œuvre et aussi son efficacité, l'aquariophile débutant en récifal choisit habituellement la mise en place d'un système de filtration respectant les critères de la méthode berlinoise. Remarques sur les systèmes Jaubert et berlinois assurant la dénitratation Avec les modèles Jaubert et berlinois il est possible de réduire le volume d'eau changé périodiquement. Apparaît alors un nouveau problème : Les changements d'eau, faits avec de l'eau de bonne qualité et exempte de nitrates, ne suffisent plus à équilibrer la consommation par les organismes vivants des composés minéraux calcium et [bi]carbonates). Les carences doivent être compensées par des ajouts spécifiques. Ces ajouts, sur lesquels nous allons revenir, sont un peu la contrepartie à payer pour l'efficacité et la simplicité de la méthode ! La dénitratation au sein des pierres ou du sable permet de nous affranchir de la présence d'un DAS (dénitrateur externe) qui ne peut être qu'un accessoire complémentaire, utilisé uniquement en cas de gros problème. Cet accessoire est par ailleurs assez délicat à mettre en œuvre pour un débutant et un DAS mal réglé risque de rejeter des nitrites dans le bac, et son pH est assez bas en sortie cause du rejet de CO2 et d'ions H+. Il est souvent indispensable, d'associer une filtration mécanique à la filtration biologique. La méthode berlinoise, par exemple, préconise l'emploi d'un écumeur, complémentaire des pierres vivantes et nombres d'installations utilisent une décantation externe à l'aquarium. Vous devez effectivement extraire les sédiments en excès issus des précipitations de calcium ou de carbonates, des résidus et érosions, etc., enlever les gros détritus (plantes, reste de nourriture), faire des renouvellements d'eau régulièrement. Cette filtration mécanique qui retire les sédiments et les gros déchets avant dégradation permet de ne pas atteindre le seuil de surcharge du filtre biologique, surtout si celui-ci est sous dimensionné. La filtration mécanique élimine une partie du problème mais ne suffit pas pour un recyclage total et une élimination des nitrates. Ce ne peut être qu'un complément à la filtration biologique. A contrario, il n'est pas conseillé de mettre deux filtres biologiques de type différent en compétition. Par exemple un filtre bio-balles qui produit des nitrates en quantité et des pierres vivantes qui ne pourront pas les absorber. Sauf peut être si vous êtes un expert maîtrisant les diverses techniques et conscient de ce que vous faites. Un filtre à algues de dimensions raisonnables, externe à l'aquarium principal, contribue à l'équilibre biologique de l'aquarium. Ce bac permet également de stocker des pierres vivantes et/ou un lit suffisant de sable qui augmente ainsi la capacité bactérienne totale de l'aquarium. Il sert aussi de refuge à un grand nombre de détritivores de toutes tailles, utiles au retraitement des déchets. Le rejet de CO2 des végétaux et celui plus rare de toxines par les plantes de la famille des caulerpa, peut être réduit par un éclairage du bac de culture pratiquement 24H/24 ou par une inversion des cycles jour/nuit mais cela reste cependant à confirmer. Le plus simple est de limiter la prolifération d'algues par un élagage très régulier du bac refuge. Celui-ci peut également abriter une mini mangrove (palétuviers) source de biodiversité. Les plantes mangées par les herbivores ne participent pas à l'extraction des nitrates sauf si les excréments sont extraits mécaniquement ou réduits par la chaîne des détritivores. 3. Filtration chimique (captation ou échange) Aux deux moyens principaux (mécanique et biologique) il convient d'ajouter l'arsenal chimique. Dans un aquarium d'amateur la seule filtration, classée ici dans les transformations chimiques, que l'on peut fortement conseiller est le charbon actif. C'est une filtration simple à mettre en œuvre et n'ayant aucune contre-indication. Le charbon actif doit être cependant d'excellente qualité. Certains charbons contiennent des phosphates et ne sont pas appropriés à un usage récifal. Il faut vraiment utiliser de temps en temps du charbon actif pour retirer des éléments dissous et autrement difficiles à extraire. Par exemples : Dans le cas de coloration de l'eau, lors du démarrage du bac, en cas de pollution. Mettre une petite quantité de charbon actif dans une poche et ne pas la laisser plus d'une à trois semaines est une bonne solution qui permet de ne pas risquer d'arriver à saturation du charbon. Il est possible de placer la pochette contenant le charbon dans un filtre externe en fin de filtration (passage forcé) ou bien à la sortie de l'eau dans un bac de décantation (captation passive). On évite ainsi une action mécanique qui le rendrait l’effet moins efficace. Au prix du charbon actif de bonne qualité, cela serait dommage. Une autre technique consiste à laisser une quantité assez importante dans le bac de décantation pendant une année pour bénéficier d'un substrat de culture aux bactéries dénitrifiantes. En ce qui concerne les autres moyens et filtres de type chimique ou apparenté : * Résines pour le [re]traitement ou l'absorption des nitrates, * Résines ou Oxyde d'aluminium pour l'extraction des phosphates, * Injection d'ozone (O3) dans un écumeur à contre-courant, * Traitement au permanganate de potassium (KMnO4), * Stérilisateurs à UV. Techniques auxquelles il faut ajouter la microfiltration, sur filtres à diatomées et aussi les anciens dénitrateurs externes hétérotrophes à glucide ou à alcool. Tous ces procédés ne peuvent pas être raisonnablement la base de la filtration pour un amateur débutant et ne sont généralement mis en œuvre que pour intervenir ponctuellement sur un problème, redresser une situation catastrophique, mais sans véritablement s'attaquer à sa cause. Ils présentent aussi le risque de déstabiliser l'équilibre biologique et l'écosystème de l'aquarium et ne seront utilisés, pour toutes ces raisons, que par des aquariophiles chevronnés dans des conditions particulières. Cette dernière remarque est également valable avec les diverses médications destinées à soigner les maladies des poissons ou améliorer la qualité de l'eau. Leur utilisation peut s'avérer catastrophique sur la microfaune ou la flore avec un risque réel de déséquilibre de la filtration biologique. En cas de problème, il faut faire preuve de sang froid et ne pas appliquer, dans la précipitation, un remède aux effets pires que le mal. Le système d’auto épuration repose sur un équilibre biologique et s'attaquer, même involontairement, à un élément peut entraîner, par effet de dominos, la chute du tout. Si vous tentez de soigner un poisson ou un animal vous ne devez jamais le faire dans l'aquarium principal, même avec des médicaments réputés inoffensifs sur les coraux : Règle de prudence avant tout. Le cuivre est un des médicaments le plus dangereux, car, largement utilisé en FO, il est extrêmement nocif sur les invertébrés. Le cuivre doit donc totalement être banni en récifal. Pour cette raison, il ne faut pas mettre l'eau de transport des poissons nouvellement achetés, éventuellement traités préventivement par le marchand dans son aquarium d'exposition. Définir un biotope Définir un biotope permet de déterminer le matériel le plus adapté à la reconstitution harmonieuse du milieu choisi. C'est aussi un bon moyen de découvrir les exigences et les caractéristiques de l'environnement et de se pencher sur l'écologie des systèmes récifaux. Les zones récifales sont principalement caractérisées par : * Une température élevée et assez constante tout le long de l'année cas des zones tropicales, * Un fort ensoleillement, * Et bien sur, la barrière de corail constituée au fil des ans par l'accumulation de concrétions calcaires. Il est possible de différencier quatre zones principales : * Le lagon, * La pente interne, * Le platier et la frange récifale, * La pente externe ou tombant. Ces quatre zones pourtant proches sont en fait différentes. Les différences viennent des différentes conditions : * Du fond, présence de sable de corail ou eau libre, * De la turbidité de l'eau, transparence et quantité de matières en suspension dans l'eau, * De la quantité de nutriments, * De la présence d'herbier, * De l'hydrodynamique, eaux assez calmes du coté lagon, très agitées pour la crête récifale à faible profondeur, * De l'ensoleillement, important sur la zone du platier ou à faible profondeur, * De la température, élevée dans le lagon, plus stable et modérée vers la mer libre. Chaque biotope peut être aussi décomposé lui-même en différentes parties : * La zone proche de la surface du tombant externe ou crête récifale du récif frangeant n'a pas les mêmes conditions d'environnement que la zone située au-dessous par 15 mètres de profondeur, * un lagon peut être sableux ou rocailleux ou se prolonger par une mangrove, etc. Ces zones de situations ou zonations définissent des écosystèmes abritant des espèces faune et flore aux exigences diverses. Avec sa petite taille un aquarium ne peut reproduire correctement qu'un seul biotope. Un bac refuge associé à un bac principal permet cependant de contourner cette loi. En faisant communiquer par un courant faible les deux bacs, l'aquarium principal pourra tirer bénéfice de la richesse écologique du bac refuge. Un autre critère pour déterminer un biotope est la localisation géographique de la zone récifale. Cependant son importance est moindre, dans la mesure ou on se limite à la zone tropicale où la composition, la température et la salinité de l'eau sont comparables. Il est bien sur préférable de choisir des espèces endémiques. La recherche de la reproduction d'un biotope précis pour son aquarium facilite le maintien des conditions optimales pour ses habitants. Les animaux sont soigneusement choisis pour correspondre à ce biotope, chacun ayant si possible un rôle bénéfique pour l'ensemble. Le choix du matériel est aussi en partie conditionné par le milieu à reproduire dans l'aquarium. L'éclairage, le brassage, la méthode même sont directement liés au choix du biotope. Par exemple : Une technique Jaubert est bien plus adaptée à un aquarium reproduisant un lagon qu'à celui imitant un récif frangeant. Le choix du débutant ne doit pas être purement esthétique mais doit faire aussi appel à la raison. Un aquarium type lagon ou pente interne est plus simple à réaliser qu'un récif frangeant ou un platier et les espèces animales spécifiques sont également plus faciles à maintenir. Je vous conseille donc de démarrer par un aquarium écotypique reproduisant une pente interne d'un récif coté lagon, vous y placerez de préférence les animaux peuplant cette zone. Les conditions d'éclairage et de brassage sont moins difficiles à reproduire que celles de la crête récifale ou du platier. Les coraux mous seront l'essentiel de la population corallienne. Vous devrez essayer de reproduire la biocénose de ce système et de maintenir la meilleure biodiversité possible favorisant les niveaux trophiques inférieurs. En d’autre termes vous rechercherez à conserver plus de petits organismes (microfaune) que de prédateurs (petits invertébrés) et encore moins de super prédateurs (les poissons). Vous pouvez également tenter de monter un aquarium très spécialisé comme par exemple un herbier avec des hippocampes. Essayer de reproduire un biotope précis (une zonation) simplifie la réalisation, guide vos choix et assure un développement harmonieux des différentes espèces présentes dans l'aquarium. Liste du matériel nécessaire pour la réalisation d'un aquarium marin reposant sur la méthode berlinoise Le matériel listé dans cet article repose sur la méthode "berlinoise" adaptée pour un microrécif, c'est à dire un aquarium d'un volume net compris entre 100 et 300 litres. Les pierres vivantes. Bien que naturelles et vivantes (comme leur nom l'indique), je les ai classées dans le matériel du fait de leur action capitale dans le système d'épuration. Leur présence est indispensable dans ce type d'aquarium. La méthode berlinoise recommande de mettre 20 à 30% du poids du volume total du bac en pierres vivantes, c'est à dire en squelettes de coraux morts qui ont été immergés à faible profondeur et déjà colonisés par les algues et les micro-organismes marins. Ce volume peut paraître trop important, au vu du coût, mais c'est une condition incontournable. Les pierres vivantes vont aussi apporter une bonne partie de la biodiversité. Les micro-organismes minéralisateurs qu'elles abritent vont épurer biologiquement l'aquarium et par transformations successives recycler les déchets en composants non toxiques pour les animaux supérieurs. La vie se cache à l'intérieur même des pierres et cette fonction de filtre n'est pas visible à l'œil nu. C'est la microfaune de détritivores et les différentes bactéries présentes à des niveaux de plus en plus profonds des anfractuosités des pierres qui réalisent cette filtration. N’oubliez pas que cela fonctionne que si la capacité de recyclage (la masse de pierres vivantes) est supérieure à la charge organique (nutriments). Ce point a été détaillé dans le chapitre consacré au cycle de l'azote. Pour que le "miracle" de la dénitratation puisse se faire, c'est à dire que les pierres hébergent quantité de bactéries anaérobies, celles-ci doivent être dures, poreuses en profondeur afin de favoriser les échanges progressifs entre les zones aérobies et celles anaérobies. Pour cela les squelettes de coraux morts ayant été immergés en milieu naturel suffisamment longtemps pour être colonisés par la vie sont parfaits. Les pièces doivent être rondes et d'épaisseur suffisante, soit 8 à 10 cm environ. Avec de trop petits débris, des pierres plates ou bien sans porosité ou friables cela ne marche pas. Et même si cela coûte plus cher (entre 8 et 16 euros le kilo) ou vous prend un peu plus de temps à trouver, soyez exigeant dans votre choix, c'est essentiel pour la suite. Pour réduire le coût du décor, il est possible d'ajouter aux pierres vivantes, des pierres "mortes" destinées à être ensemencées par les pierres vivantes. Le processus est cependant long et risqué. Des morceaux massifs de coraux morts sont relativement bien adaptés pour compléter les pierres vivantes mais leur exportation est très limitée et le coût proche de celui des véritables pierres vivantes. Le résultat est plus incertain et la meilleure solution est de disposer d'un budget suffisant pour réaliser l'intégralité du décor en pierres vivantes, dont certaines de très bonne qualité (en provenance d’Indonésie et de l’océan pacifique). Autre intérêt des pierres vivantes, elles ont l'avantage de constituer un très beau décor naturel et apportent en plus de leur rôle biologique un réel intérêt esthétique et… Quelquefois, vos premiers coraux et invertébrés même si ceux-ci sont encore invisibles lors de l'achat. Par exemple : zoanthus, xénia, clavularia, … L'eau doit circuler relativement librement autour des blocs. L'enfouissement dans le sable risque de poser un problème de pollution. Il est intéressant de construire un échafaudage supportant les pierres. Cet échafaudage à l'avantage de : * Faciliter la maintenance (déplacement d'un bloc sans remettre en question l'ensemble du décor), * Rendre plus robuste l'empilement des blocs, * D'isoler les blocs entre eux (limitation de l'envahissement par un corail trop "expansif" ou particulièrement agressif). Une armature en verre collé ou en PVC de qualité alimentaire sert de base à cet échafaudage. Les blocs sont souvent percés et peuvent être raccordés entre eux ou sur l'échafaudage par des colliers en plastique ou des fils de Nylon, ce qui stabilise l'ensemble. Il est aussi possible de percer les pierres pour les fixer au support. Pour assurer la survie d'un maximum d'organismes vivants visibles ou invisibles, tous les moyens seront mis en œuvre dès l'introduction des pierres vivantes pour apporter les conditions nécessaires au maintien de leur environnement : Ecumage, brassage, éclairage, poche de charbon actif, lutte contre les sédiments par siphonage ou filtration, etc. Voir le chapitre Phase de démarrage pour la préparation et l'installation des pierres vivantes. Il est important de mettre la bonne quantité et qualité de pierres vivantes dès le démarrage de l'aquarium et d'offrir immédiatement un environnement favorable à la multiplication de la vie qu'elles contiennent. L'écumeur Son action joue un rôle essentiel dans la filtration du système berlinois. Il est chargé de l'épuration par extraction mécanique des déchets polluants. Le principe, complexe, fait appel aux propriétés physiques et chimiques des éléments. La mise en œuvre est, par contre, très simple, elle consiste à générer une colonne de bulles d'air et de brasser énergiquement le mélange air/eau de façon à produire de l'écume. Il suffit alors de recueillir cette écume chargée d'éléments indésirables. Vider la coupelle de récupération permet de juger du travail accompli. L'écumeur extrait activement de l'eau les acides aminés, protéines, la cellulose, les graisses, les composés phénoliques, les particules de sédiment en suspension. Mais aussi, et c'est moins bien, plancton, chlorophylle et oligo-éléments. Son efficacité est beaucoup plus limitée en ce qui concerne nitrates et phosphates. Les avantages sont quand même bien supérieurs aux inconvénients et lorsque l'on débute il ne faut pas se poser de questions : Un aquarium récifal respectant la méthode berlinoise utilise nécessairement un écumeur efficace et largement dimensionné. L'action efficace, immédiate de l'écumeur est vitale au démarrage du bac car la filtration biologique par les pierres vivantes n'est pas encore complètement opérationnelle, puis, après maturation du bac, plus ponctuellement, en cas de surcharges organiques. Ainsi, il n'est pas rare de voir l'écumeur s'arrêter de produire de l'écume pendant quelques heures puis de redémarrer la production, cela en fonction de la qualité de l'eau et de sa composition. Un bac nécessite environ 18 mois pour atteindre sa maturité, vous aurez donc tout le temps pour juger des avantages et inconvénients de votre écumeur. Il est très probable que vous le conserverez. Les écumeurs les plus simples utilisent un compresseur d'air externe et un diffuseur. L’aspiration de l'eau se fait par le principe de l'exhausteur ou par une petite pompe externe. Ces petits modèles sont vraiment moins efficaces et ne sont conseillés que pour les nano ou pico récifs, aquariums pauvres en nutriments ou oligotrophes n'abritant que des invertébrés, et des animaux moins "pollueurs" que les poissons. Avec ces modèles il faut changer très souvent le diffuseur d'air (à inclure dans le budget entretien), et cela peut même poser des problèmes lors des absences de quelques semaines. Les modèles à pompe à eau de forte puissance, aspirant l'air par effet venturi (dépression) sont plus déjà efficaces et très conseillés pour un aquarium de plus de 100 litres. Ces modèles sont aussi plus simples à installer et à maintenir. La simplicité de mise en œuvre et de réglage sont des paramètres à ne pas négliger. Pour assurer la phase critique de démarrage ou faire face à l'imprévu, il est d'usage de surdimensionner l'écumeur et de prendre un modèle de capacité deux à trois fois supérieure aux caractéristiques du constructeur. Le dispergateur, roue à pointes, monté sur la roue de la pompe à eau à la sortie du venturi, augmente encore le rendement en mélangeant violemment l'eau et l'air. Dans un bac mature un bon modèle surdimensionné supportera d'être arrêté quelques heures par jour lors de l'introduction de plancton ou de fines particules nutritives pour en tirer le maximum de bénéfice. L'écumeur sera avantageusement placé à l'extérieur de l'aquarium ou dans un bac de décantation. Si celui-ci est associé à un ensemble (dans un bac de décantation), il faut le placer "en tête" de filtration. La prise d'eau se fera de préférence en surface et le rejet dirigé vers le fond du bac. En effet l'eau de surface est chargée d'éléments de pollution qui seront efficacement écumés. En particulier, il est intéressant de capturer le film de protéines (voile " gras') qui se forme en surface, film visible si le brassage est insuffisant. Je conseille d'ajouter un filtre sur la prise d'air de l'écumeur (perlon + charbon actif) comme indiqué sur le schéma. Cela diminue les bruits d'aspiration et surtout limite les risques de pollution par l'air. Ce système ne doit pas cependant perturber l'aspiration d'air pour ne pas modifier le réglage du constructeur. Notez aussi que si l'écumeur est absent du système Jaubert, rien n'empêche d'en mettre un pendant la phase de démarrage pour soutenir l'action des pierres vivantes et la mise en route du sable vivant. L'éclairage Dans un aquarium récifal l'éclairage joue un rôle capital pour la survie des espèces héliophiles. La lumière permet la photosynthèse nécessaire aux algues et aux zooxanthelles (algues unicellulaires symbiotiques des coraux) et contribue activement à l'équilibre écologique de l'aquarium. En ce qui concerne les coraux la qualité de l'éclairage leur est même critique car, pour la plupart c'est leur principale, voire unique, source de leur nourriture dans l'aquarium, et cela via leurs zooxanthelles symbiotiques. La lumière est caractérisée, pour un aquariophile, par deux paramètres : L'éclairement et le spectre. L'éclairement est la quantité de lumière exprimée en lux ou Lumens par m². Le ratio Lumens/Watt électrique indique l'efficacité lumineuse ou le rendement de la lampe. Notre choix se limite à deux technologies : * Les tubes fluorescents T5 (petit diamètre) ou T8 * Les lampes aux halogénures métalliques (HQI). Un tube fluorescent classique à un rendement de 60 lm/W, une lampe HQI à un rendement de 80 lm/W ce qui est meilleur. Usuellement on recommande une puissance approximative en Watt par litre ou en Watt par m², il faut donc majorer ces chiffres dans le cas de tubes fluorescents. A son zénith le soleil émet 106 000 lumens/m² (106 000 lux) soit environ 1200 W/m². Si on moyenne pour une journée et que l'on tiens compte des nuages, il faut un éclairage fournissant environ 600 W/m² pendant 12 heures par jour pour reproduire les conditions naturelles. L'intensité est cependant à moduler en fonction du biotope que vous voulez reproduire et certains coraux ont heureusement des exigences plus modérées. Le spectre correspond à la couleur de la lampe ou température, exprimé en degrés Kelvin (°K). Plus la couleur est chaude (vers le rouge) plus la température en degrés est basse. Le soleil de midi a une température d'environ 5 000°K, mais pour reproduire la couleur bleue, dominante des fonds marins, on recherche des lampes ou associations de lampes qui fournissent entre 6 500 et 15 000°K soit la lumière équivalente reçue entre 1 et 10 mètres de profondeur. 10 000°K est une bonne moyenne. Cette température peut être complétée par des tubes de température encore plus élevée (tubes fluorescents actiniques ou supra actiniques bleus) qui permettent aussi de simuler l'aube et le crépuscule et rendre ainsi les transitions lumineuses moins brusques. C'est aussi l'occasion de voir son aquarium sous un autre éclairage et la fluorescence des coraux ressort bien. Quelques lampes de plus de 15 000°K émettent des UV et il faut même placer sur certaines un filtre pour se protéger, normalement une simple vitre en verre suffit. Ces lampes vieillissent aussi plus rapidement et ont une dégradation rapide de leur spectre, la durée de vie est limitée à 8 mois pour 20 000°K. Les modèles classiques fluorescents T8 et HQI ont une durée de vie d'un an environ, Les tubes fluorescents T5 sont même donnés par les constructeurs pour deux ans. Au-delà de leur durée de vie leurs caractéristiques sont modifiées, même si cela n'est pas encore visible à l'œil nu. Il est alors temps de les changer. L'idéal est de faire un roulement pour ne pas changer toutes les lampes ensembles et ne pas trop modifier les conditions habituelles d’éclairement. Quantité et qualité de notre éclairage artificielle seront toujours en deçà de la lumière solaire reçue sur les zones récifales. La conservation des coraux rend obligatoire une excellente installation imitant les conditions naturelles. Les lampes HQI sont actuellement la meilleure solution pour cette réalisation. Notre éclairage artificiel est en fait limité par : * La chaleur rayonnée des lampes, très pénalisante l'été si on ne possède pas de refroidisseur efficace, * Le respect des cycles solaires jour/nuit de 12h/12h nécessaires aux animaux tropicaux, * Et… Le coût de l'installation ainsi que celui de la consommation électrique ! Si la quantité de lumière peut être très importante, pratiquement sans aucun risque de surintensité, il est quand même préférable de ne pas faire aux animaux des "coups de soleil" en modifiant trop brutalement à la hausse une installation. Il faut habituer petit à petit les animaux aux changements, comme pour nous l'été à la plage. Cela est également vrai lorsque vous changez les lampes, lors du remplacement annuel ou éventuellement quand vous introduisez de nouveaux spécimens de coraux. La technique consiste à augmenter, pendant quelques jours, la distance entre les lampes et la surface de l'eau et/ou de placer une vitre pour atténuer les UV et un trop fort rayonnement. Le meilleur éclairage est donc actuellement obtenu avec des lampes HQI 10 000°K combinées à des tubes fluorescents actiniques qui renforcent les bleus. Cette solution fait quasi unanimité chez les récifalistes. De simples programmateurs journaliers pilotent la mise en marche des lampes reproduisant très approximativement la marche du soleil et la progression de l'intensité lumineuse. Voici à titre d'exemple la programmation de 2 HQI et d'un tube actinique bleu : 1. 08H00 Allumage tube bleu 2. 08H30 Allumage HQI n°1 3. 11H30 Allumage HQI n°2 4. 17H30 Extinction HQI n°1 5. 20H30 Extinction HQI n°2 6. 21H00 Extinction tube bleu Le nombre ou la puissance des lampes est fonction de la taille du bac. Les HQI se trouvent en 150, 250 et 400 W. Avec plusieurs HQI combinés à des tubes actiniques il est possible de reproduire un cycle solaire dont la puissance est égale ou supérieure à l'équivalent des conditions naturelles d'ensoleillement soit 600W/m². Cet éclairage puissant permet de conserver des SPS (coraux durs) et autres animaux héliophiles (comme par exemple : Les bénitiers ou Tridacna). L'alternative aux lampes HQI est l'éclairage fluorescent. En particulier les tubes T5 de faible diamètre et de plus forte puissance que les classiques T8. Ces tubes existent dans les gammes de température de 10 000° K compatibles avec les aquariums récifaux de faible volume contenant des coraux mous. Autres avantage les T5 fonctionnent avec des ballasts électroniques à 30 kHz supprimant l'effet de clignotement à 100 Hz des tubes T8. Vous pouvez aussi utiliser les tubes fluorescents T8 de différents types : Association de Daylight Haut Rendement, de Daylight Haute Définition et de tubes bleus supra-actiniques [appelés aussi blue-moon]. Ce type d'éclairage convient aux coraux mous les moins exigeants. La règle est simple : Il faut mettre le maximum de tubes ! Les tubes 6500° ou 10 000° au format compact G3 sont utilisables par leur très petite taille sur les nano récifs. Avantage des tubes fluorescents : L'aquarium peut être recouvert par un miroir pour limiter l'évaporation, servir de réflecteur et de cache anti-poussière. Dans ce dernier cas, cela évite d'avoir dans les yeux la lumière directe des lampes HQI, suspendues à 30 cm au-dessus de l'aquarium. Les animaux fugueurs sont également contenus dans le bac par le couvercle. En ce qui concerne les coûts, si le changement périodique des tubes est pris en compte, les T5 sont un peu plus économiques à l'achat que les HQI, mais la différence n'est pas flagrante. Et si le rendement et le coût de l'électricité sont pris en compte alors le résultat est identique. Même remarque en ce qui concerne le dégagement calorique, globalement c'est la même chose : Les Watts doivent être dissipés… D'ailleurs il faut inclure la ventilation dans la réflexion concernant la réalisation de la rampe d'éclairage, et prévoir en été le refroidissement du bac. Dans le bilan global comparant les fluorescents T5 contre les HQI, je donne finalement l'avantage aux HQI qui sont encore la meilleure solution pour réaliser l'éclairage de l'aquarium récifal. De plus le résultat est esthétiquement supérieur. Un bac peu profond avec une hauteur d'eau maximale de 50 cm et le plus large possible est très conseillé, celui-ci est en effet plus commode à éclairer. De plus l'échange air/eau est facilité par un meilleur ratio surface/volume. En ce qui concerne la simulation des cycles lunaire, il ne faut pas essayer de les reproduire car il y a risque de pollution du bac si, par (mal)chance, vous réussissez la reproduction sexuée des coraux ! Le brassage Autre élément important, le brassage dans l'aquarium assure de multiples fonctions : * Il réalise la dissolution de l'oxygène de l'air dans l'eau, * Disperse les sédiments et autres particules, éliminés plus facilement par la filtration mécanique, * Élimine le mucus sécrété par les coraux, * Apporte l'oxygène et la nourriture nécessaires aux invertébrés fixés, à la microfaune, aux bactéries des pierres vivantes, * Disperse le film de protéines de surface, * Équilibre la température, * Reproduit le mouvement naturel de l'eau. Vous devrez faire preuve d'ingéniosité pour réaliser un brassage efficace vis à vis de la sédimentation tout autant que de la stabilité biologique correspondant au biotope que vous recréez dans l'aquarium. Un bon brassage assure complètement l'oxygénation de l'eau et permet de s'affranchir totalement des diffuseurs alimentés par des compresseurs ou pompes à air. Un interrupteur général permettant de couper temporairement toutes les pompes de brassage est bien pratique lors des opérations de maintenance ou de distribution de nourriture. Voici quelques principes de base à la réalisation de votre installation : Le nombre de pompes doit être en rapport avec le volume total de l'aquarium et le biotope reproduit. La puissance d'une pompe est indiquée en litres/heure. Il faut compter de 10 à 40 fois le volume du bac brassé par heure en additionnant la capacité de toutes les pompes. Un bac ayant un ratio profondeur/largeur défavorable nécessite dans tous les cas un sérieux brassage pour éviter une concentration de gaz carbonique dans les couches profondes de l'eau. Vous constatez cette situation si le pH reste trop bas par la présence de gaz carbonique alors que la dureté de l'eau (dKH) est satisfaisante. Les pompes seront placées à faible profondeur pour améliorer les échanges gazeux et la dispersion du film de surface, les remous de surface doivent être même assez forts. Le fond doit être moins énergiquement brassé surtout dans le cas d'un système Jaubert ou d'un lit de sable épais (DSB) pour ne pas déranger la microfaune benthique. Une unique pompe avec un violent jet directif est beaucoup moins efficace que plusieurs petites de moindre puissance. Une pompe unique produit un courant laminaire ponctuel dirigé constamment dans le même sens et provoque une accumulation de sédiments dans un angle de l'aquarium. Le flux sortant d'une pompe ne doit jamais frapper directement les invertébrés fixés. Il faut diriger le jet vers une vitre en biais pour générer un courant circulaire. Dans un bac profond il est possible de placer une pompe au fond et diriger le jet vers la surface. Il est préférable de disposer plusieurs pompes en sens opposé et les faire fonctionner en mode alterné/groupé. Les configurations et effets sont multipliés, avec 3 pompes cela fait déjà 8 possibilités. Les cycles sont séquencés par des programmateurs journaliers (solution économique), ou plus luxueusement par un "ordinateur". Le but est de favoriser l'inversion des courants : Reproduction de la houle ou d'une marée selon la durée des cycles et de faire aussi des cycles de flux turbulents. Pour inverser les courants, les pompes sont commandées séparément, l'eau tourne dans un sens, puis dans un autre. Pour créer des flux turbulents, plus ou moins aléatoires, elles sont commandées ensembles avec, dans ce cas, un rendement hydrodynamique moins bon. L'effet sur la sédimentation doit être radical, il ne faut pas de zones d'ombre où les déchets s'accumulent. Les sédiments mis en suspension dans l'eau sont ainsi facilement récupérés par le système de filtration mécanique. Les pompes placées en opposition en fonctionnement constant créent des flux aléatoires et non cisaillant mais aussi assez inefficaces au regard de l'énergie dépensée. Dans le cas de volumes importants et d'un grand nombre de pompes, il est possible de faire fonctionner les pompes en les commandant par paire, par trois, etc. Tout en gardant le même principe : Inversion des courants reproduisant une marée, le mouvement de la houle, entrecoupée de cycles de turbulences. Sur le schéma les pompes 2 et 3 peuvent être groupées car elles provoquent un courant inverse de la pompe 1. Il est particulièrement intéressant de se rapprocher des cycles naturels et de simuler un brassage par vagues. Il suffit de commander une pompe pendant quelques secondes, puis de l'arrêter quelques secondes également, et de recommencer ce cycle. Attention cependant, toutes les pompes ne supportent pas de tels mouvements. Il existe des modèles plus sophistiqués, (de la marque Tunze par exemple), qui peuvent être associées à un séquenceur et qui sont prévues pour un fonctionnement dans ce mode pulsé. Ces pompes ont un moteur asynchrone. Les montages électroniques qui commandent les pompes toutes les 10 secondes risquent de faire une usure prématurée sur du matériel non adapté. C’'est le cas avec les pompes à moteur synchrone. Il est assez facile de reconnaître une pompe synchrone : Lors du démarrage celle-ci fait un bruit pas très agréable à l'oreille un grincement de pignons, et on imagine facilement qu'il ne faut pas le répéter trop souvent ! Pour cette raison les montages pulsant pour moteur synchrone ne doivent que ralentir et non pas arrêter le moteur sous peine de casse trop rapide. D'autres solutions ingénieuses existent pour recréer un mouvement de houle naturelle et réduire l'effet de jet : Remplissage d'un réservoir au-dessus de l'aquarium avec déverse soudaine toutes les dix secondes, achat de pompe "intelligente" gérant le mode pulsé, pompe à fort débit mais à faible vitesse, etc. Il est aussi possible de faire des cycles de 15 minutes avec de simples programmateurs journaliers et cela avec des pompes synchrones. Il est inutile d'utiliser le venturi proposé sur certaines pompes pour injecter de l'air, cela diminue l'efficacité du brassage et les bulles générées sont assez désagréables. Par contre ce venturi peut être utilisé pour l'injection des solutions en goutte à goutte avec forte dispersion comme le Kalkwasser. Voir le chapitre Erreurs à ne pas commettre. Les pompes munies de compartiment de filtrage en plus de la crépine peuvent aussi servir de filtre occasionnel très efficace pour retirer les particules de sédiments en suspension. Vous devrez suivre les recommandations d'entretien concernant les filtres externes et nettoyer très fréquemment le perlon ou autres masses filtrantes pour que la filtration fonctionne uniquement en mode mécanique. Dans tous les cas vous devez toujours équiper les pompes d'une crépine pour éviter une aspiration accidentelle d'un animal et prévoir leur nettoyage périodique. Encore un conseil : Pour faciliter les opérations de maintenance, n'enfouissez pas trop les pompes dans le décor. Le substrat. Les avis des amateurs sont partagés concernant l'utilisation et l'utilité d'un substrat dans un système berlinois. Pour les uns, c'est un piège à sédiments et à phosphates vous rendant l'entretien difficile. Pour les autres c'est un remarquable abri pour la macrofaune et la microfaune benthique, apportant en plus une fonction de dénitrification efficace et complémentaire des pierres vivantes surtout si l'épaisseur est suffisante, c'est aussi un réservoir de calcium et de [bi]carbonates par une dissolution lente sous l'effet de l'acide carbonique (petit effet RAC). En fait tout dépend de l'écosystème que l'on veut reproduire et de l'option retenue. L'aspect esthétique et naturel du sable est également à prendre en considération. Je suis pour mettre un substrat. Si vous en mettez aussi, prenez du sable de corail de bonne qualité et garanti sans phosphates. Ce sable calcaire est proposé sous forme d'aragonite ou de calcite, c'est à dire corail concassé. La granulométrie doit être variable de 2 à 5 mm. Il ne faut pas prendre du sable de plage, de quartz ou de silice. Il vaut mieux ne rien mettre qu'utiliser un substrat inadapté. J'utilise un assez mince lit de sable de corail de 1 à 2 cm. Et malgré l'épaisseur réduite, sans commune mesure avec l'épaisseur nécessaire pour un bac fonctionnant selon la méthode Jaubert ou DSB, je remarque l'effet bénéfique de ce substrat pour l'ensemble de la faune et l'équilibre de l'aquarium. Outre son aspect esthétique, un substrat de bonne qualité sert de support de développement de la microfaune. Avec la méthode berlinoise, le substrat n'est pas indispensable et peut être totalement absent. Dans ce cas l'aquarium est un bare bottom, aquarium à fond nu, qui reproduit le récif frangeant ou le platier. Celui-ci a pour avantage de faciliter l'entretien et offre la possibilité d'utilisation de pompes de brassage de très forte puissance. Avec une solution DSB ou avec le système Jaubert, le problème ne se pose pas car le substrat est la base de la filtration au même titre que les pierres vivantes et sert de support à la microfaune et aux bactéries assurant le retraitement des déchets. Il est alors indispensable de bien respecter la granulométrie et l'épaisseur ad hoc de sable soit environ 8 à 10 cm avec une grille placée à mi hauteur empêchant les espèces fouisseuses de perturber les zones profondes où logent les bactéries dénitrifiantes. La méthode Jaubert nécessite en plus la présence du "plénum", couche d'eau confinée sous sable permettant l'équilibrage du taux d'oxygène dans la couche basse (zone en quasi anaérobie ou hypoxique, CF le chapitre consacré à la filtration). Il est remarquable de constater que le sable de corail blanc reste… blanc, même après une longue période dans un aquarium équilibré pourvu d'une bonne biodiversité. C'est la preuve éclatante de l'efficacité de la microfaune. La climatisation. Chauffage Il faut un chauffage d'appoint pour garantir une température minimale de 20/23°C la nuit. Dans un appartement 1W pour 4L d'eau suffit largement. Pour le calcul du chauffage nécessaire tenez compte de la puissance dissipée par les pompes et par l'éclairage. Généralement la dissipation thermique de ce matériel suffit, surtout si l'aquarium est maintenu dans une pièce tempérée. Cependant si la pièce est fraîche en hivers, et pour contourner les risques de panne ou de dérèglement, deux petits thermoplongeurs de chauffage sont préférables à un unique de puissance double. Attention : Ne jamais sortir de l'eau un élément de chauffage branché, si celui-ci est replongé dans l'eau il y a risque de casse par choc thermique et d'électrocution ! Coupez toujours l'alimentation secteur avant une intervention. Vu les risques de pannes et les dangers d'électrocution, si vous pouvez vous passer de résistance de chauffage ce n'est que mieux. Refroidisseur La surchauffe a un effet beaucoup dévastateur que le froid. Une température de 30°C est excessive, 32°C une limite à ne pas franchir. Pour lutter contre l'élévation de température nous disposons d'une solution très efficace. Un simple ventilateur peut faire l'affaire, ceux fonctionnant en basse tension 12V des ordinateurs conviennent parfaitement, il est très facile d'obtenir -3°C. Il suffit de diriger le flux d'air tangentiellement à la surface de l'eau pour favoriser l'évaporation2. La ventilation disperse aussi l'air chauffé par les lampes de la rampe d’éclairage. Un grand nombre de pompes de brassage tend aussi à chauffer l'eau (eh oui, tous les Watts des moteurs sont finalement transformés en calories). La ventilation est soit pilotée en même temps que l'éclairage pour combattre la principale source de chaleur ou mieux encore asservie par un thermostat. S'il est très facile de chauffer, il faut également être prêt à refroidir l'été dès que la température dépasse 28/30°C dans l'aquarium, sous peine de perdre tous les animaux en un seul jour ! Prévoir un ventilateur 12 Volts favorisant l'évaporation est un minimum. Il faut faire attention avec ce montage car le ventilateur n'est pas prévu pour tomber dans l'eau ! Prenez toutes les précautions nécessaires pour que cela n'arrive jamais et utilisez un disjoncteur différentiel 30 mA pour votre installation électrique. Voir le chapitre consacré à la sécurité électrique. L'autre inconvénient de la ventilation forcée est l'évaporation importante du bac qu’il faut compenser par de l'eau osmosée, en évitant soigneusement les variations trop brusques de densité. Un aquarium évapore entre 1 et 2 litres d'eau douce par jour et par tranche de 100 L, il faut y réfléchir, surtout pour les absences prolongées. L'utilisation d'un osmolateur qui compense automatiquement le niveau est alors la solution idéale. Voir le chapitre Automatismes et Petit matériels. Mais cet effet d'évaporation intensif peut être aussi recherché pour faire un ajout supplémentaire de calcium sous forme de Kalkwasser. Voir le chapitre Ajout d’additifs. Une pièce climatisée, un climatiseur à l'usage de l'aquarium, ou un simple refroidisseur à bière, sont des solutions plus sûres et efficaces mais aussi plus onéreuses et quelquefois bruyantes. Le crainte de dépasser 30°C pendant les congés d'été, fait qu'il est sage de disposer au minimum d'un refroidisseur à ventilateurs fonctionnant en même temps que l'éclairage principal, de fermer les volets de la pièce où se situe l'aquarium pour le protéger du soleil et même de placer la pièce dans l'obscurité pour inverser les cycles jour/nuit de l'éclairage, la nuit étant plus fraîche que le jour. Filtre externe Le filtre externe est un auxiliaire facultatif qui aide à retirer mécaniquement une partie des sédiments et des déchets. De la mousse de perlon suffit pour ce type de filtration car ce n'est pas un traitement biologique qui est recherché mais simplement un piège à particules. Le filtre externe peut servir également pour placer le charbon actif, moyen de lutte très efficace en cas de coloration ou de pollution de l'eau. Le filtre doit naturellement fonctionner 24H/24 mais il peut aussi être mis en service que pendant de courtes périodes ou son action est souhaitée. Par exemple : Une semaine par mois avec du charbon actif, une journée par semaine après avoir brassé énergiquement les sédiments. Bien entendu le filtre est mis hors service et à sec pendant les périodes d'inactivités. Le filtre externe est parfois critiqué par les aquariophiles car il ne fait pas partie des éléments nécessaires à l’application de la méthode berlinoise. Il est effectivement possible de s'en passer si on dispose d'une décantation. Ce filtre rend quand même pas mal de services surtout pendant la phase de démarrage. Il suffit de prendre soin de le nettoyer avant transformation des déchets capturés par les bactéries, ce qui arrive seulement si les charges filtrantes sont laissées plus d'une semaine dans le filtre. En effet si les bactéries dénitrifiantes se développent et ont le temps de démarrer le cycle de l'azote, il y a un rejet massif de nitrates dans l'aquarium et, dans ce cas, risque que le cycle ne puisse pas être bouclé. Cet excès de nitrates déséquilibrera le filtre biologique des pierres vivantes (ou du sable vivant) et ne pourra pas être absorbé. A l'inverse un filtre très régulièrement nettoyé, le plus souvent possible, évite l'accumulation des sédiments dans l'aquarium surtout si vous n'avez pas de décantation. Il perturbe moins l'épuration obtenue avec les pierres vivantes que les filtres biologiques nitrificateurs type bio-balles, ou sous-gravier produisant énormément de nitrates et utilisés dans les aquariums FO. En l'absence d’un bac de décantation efficace, un filtre externe régulièrement entretenu permet d'assurer la filtration mécanique ainsi que la filtration sur charbon actif. Vider et nettoyer le filtre très régulièrement vous oblige à faire par la même occasion un changement partiel d'eau, significatif dans un volume réduit, ce qui est plutôt une bonne chose. Autres équipements Appareils de mesure Le densimètre permet d'évaluer la salinité. Les modèles en verre sont fragiles mais aussi très fiables, simples à utiliser et suffisamment précis. Le problème est l'étalonnage de l'appareil qui a été fait soit à 25°C (parfait pour notre utilisation) soit à 20°C pour certains modèles d'importation, il faut donc y apporter une petite correction. Les densimètres à aiguille sont compensés en température mais moins fiables et peuvent être sources d'erreur. Sans être vraiment indispensable, un réfractomètre ou un conductimètre simplifie la mesure de la densité. L'incontournable thermomètre mesure la température. Le thermomètre doit être toujours présent vous permettant de contrôler la température d'un coup d'œil. Si vous optez pour un modèle en verre, attention à la casse dans le bac ! Et aussi les kits indispensables de mesure des paramètres de l'eau : * Acidité (pH), * Dureté (dKH), * Calcium (Ca). Si vous avez les moyens financiers un pH-mètre électronique facilite énormément la mesure du pH. Grâce à une électrode en platine il est possible de faire avec cet appareil la mesure du redox. Les kits utiles (facultatifs sauf en cas de problème) : * Nitrites, * Nitrates, * Phosphates. Pour toutes les mesures se référer au chapitre valeurs moyennes. Le stérilisateur à tubes UV, matériel utilisé comme un médicament, est destructeur des parasites mais aussi des autres organismes (bien que la faune pélagique soit très peu présente en aquarium). Les UV ne seront mises en œuvre qu'en cas de problèmes de parasites. L'usage préventif est cependant généralement conseillé dans un aquarium FO. Préparations pour la correction et le maintien des paramètres physico-chimiques Les additifs indispensables : * Sel synthétique, * Hydroxyde de calcium également appelée eau de chaux ou Kalkwasser ou encore lime water, * Buffer. C’est en fait un mélange de carbonates de sodium, hydrogénocarbonate de sodium (bicarbonates de soude) et borates de sodium, * Iodure de potassium Les additifs facultatifs : * Chlorure de strontium si vous conservez des coraux durs, * Lugol dans le cas d'une forte concentration de coraux mous, attention faire un faible dosage de ce produit, * Chlorure de calcium utilisé en cas de forte carence en calcium, pour remonter rapidement le taux L'ajout d'additifs peut se faire soit simplement en goutte à goutte avec un robinet de réglage, soit avec un matériel plus sophistiqué : Pompe péristaltique par exemple. Pour les ajouts de calcium il est possible d'utiliser un Réacteur A Calcaire (RAC) ou un Réacteur A Hydroxyde de calcium ou RAH. Les chapitres suivants reviennent sur le rôle des différentes préparations et de ces matériels auxiliaires. Automatismes et petits matériels Une balance de ménage d'assez bonne précision (1g) est aussi indispensable pour la pesée du sel et des différentes préparations si vous les achetez en pharmacie et les dosez vous-même. Un osmoseur vous permet de fabriquer votre eau douce de qualité, garanti sans nitrates ni phosphates. C'est évidemment un bon investissement si vous ne disposer pas d'eau de source d'excellente qualité. L'osmoseur, qui épure l'eau de conduite, n'est pas un gadget, il faut disposer d'eau parfaitement contrôlée pour le remplissage et tous les ajouts d'eau dans l'aquarium. Cependant un bac de très faible volume peut être complété avec de l'eau minérale en bouteille destinée à la consommation. Dans ce cas choisir une marque contenant un faible taux de nitrates et un fort taux de minéralisation (calcium, magnésium, carbonates). Le prix est en conséquence et n'est acceptable qu'avec les aquariums de petit volume. Zéro phosphates et pas beaucoup plus de nitrates Devise du récifaliste ! L'osmolateur (à na pas confondre avec l’osmoseur) automatise en permanence le remplissage de l'aquarium pour compenser l'évaporation. C'est pratique et même indispensable pendant les congés. Ce système évite les variations rapides de densité. La constitution d'une réserve d'eau osmosée est une sage précaution, le volume doit être suffisant pour assurer une autonomie de trois à quatre semaines, soit environ de 30 à 50 litres pour un aquarium de 100 litres. Une réserve est aussi une précaution qui permet de fabriquer rapidement de l'eau salée si un remplacement d'urgence s'avérait indispensable. Des programmateurs journaliers pilotent l'éclairage et le brassage et même la ventilation. Il faut choisir des modèles très simples ne risquant pas de se déprogrammer en cas de coupure de courant. Les horloges mécaniques sont finalement préférables aux modèles électroniques bons marchés qui ont un fonctionnement parfois aléatoire. Autres ustensiles : Pincette en plastique pour les petites manipulations dans l'aquarium et aimant grattoir étanche (attention à l'oxydation) pour le nettoyage des vitres. Le truc de la carte de crédit à laquelle la puce (contacts en cuivre) est supprimée en coupant au bon endroit, fonctionne très bien et cela gratte même les algues calcaires corallines. La sécurité électrique. Une attention particulière doit être faite pour l'installation électrique. Un disjoncteur (ou interrupteur) différentiel 30 mA, de type identique à celui utilisé pour la protection des salles d'eau, doit impérativement être câblé sur l'installation électrique de l'aquarium. La terre de protection doit être de bonne qualité (inférieure à 10 Ohms). En cas de doute sur la qualité de votre terre de protection ou sur votre installation consultez un électricien. Eau salée + électricité = DANGER Tous les raccordements, disjoncteurs, prises, programmateurs, ballasts, etc. seront placés sur un tableau électrique et mis à l'abri dans un coffret étanche, les fils sortant par des presses étoupes (passages étanches). Toutes les parties électriques sensibles sont ainsi à l'abri des projections accidentelles d'eau. Attention cependant à l'échauffement des ballasts dans une boite non ventilée. Les boîtes étanches, panneaux, programmateurs et interrupteurs différentiels se trouvent facilement au rayon électricité des magasins de bricolage. Il est recommandé de toujours débrancher l'installation électrique avant de mettre les mains dans l'eau et d'avoir le réflexe de déclencher le disjoncteur électrique à la moindre fuite d'eau avant tout autre action. Mettre l'aquarium à la terre avant une intervention permet aussi de se protéger d'une éventuelle fuite de courant en déclenchant l'interrupteur différentiel. Il suffit de plonger dans l'eau une tige conductrice en métal neutre, attention pas en cuivre, reliée à la terre électrique, par exemple un rayon de vélo en titane. Cependant, pendant les absences prolongées, il est préférable de remplacer le disjoncteur différentiel par un simple interrupteur, pour éviter un déclenchement intempestif entraînant la coupure définitive de courant, mettant ainsi fin à votre belle aventure récifale. Les pompes et les équipements destinés à être immergés doivent être conformes (marqués CE avec un indice de protection IP67). Ces équipements seront correctement entretenus et changés s'ils présentent des signes d'usure ou de vieillissement (fils électriques perdant leur souplesse, etc.). Avec les Watts dégagés par l'équipement, il est facile de se passer de la résistance de chauffage (verre = très fragile = risque de casse dans le bac) et ainsi de réduire les risques d'électrocution. En ce qui concerne les bricolages maison, il est préférable d'utiliser une alimentation basse tension 12 Volts, par exemple pour les ventilateurs utilisés pour le refroidissement. La basse tension est en effet sans danger pour les risques d'électrocutions. La décantation. La décantation est un aquarium annexe servant, notamment, à piéger les sédiments. La réalisation d'une décantation mérite autant de soin que l'aquarium principal. Et son raccordement avec le bac, un art (pour éviter le glougloutement désagréable de la descente, pour garantir le non désamorçage du siphon, etc.). Généralement la décantation est un bac de 50 à 100 litres placé sous l'aquarium principal et raccordé à celui-ci par une surverse (prise de l'eau de surface de l'aquarium principal au travers d’un peigne). Le retour d’eau se fait par une pompe puissante placée dans la décantation. Il faut prévoir un volume suffisant pour accepter l'arrêt de la pompe de refoulement. Le brassage important de l'aquarium principal permet de mettre en mouvement les sédiments qui sont ensuite piégés en se déposant dans la décantation par un cheminement d'eau plus calme. Il ne reste plus qu'à les siphonner. Voici quelques avantages et bienfaits d'une décantation : * Celle-ci permet de cacher tous les appareils techniques (écumeur, chauffage, RAC/RAH, charbon actif, etc.), * La décantation augmente le volume global, donc la stabilité de l'aquarium, * Le film gras de surface et les sédiments captés par la surverse sont piégés par l'écumeur et la décantation, * Les opérations de maintenance sont facilitées et sécurisées car les ajouts ne se font pas directement dans l'aquarium, * Une décantation peut contenir la réserve d'eau douce et le système osmolateur. * Vous pouvez y créer une zone refuge éclairée augmentant la biodiversité voire un filtre à algues ou boues. Le refuge Le refuge est aussi un autre aquarium additionnel à l'aquarium principal. Son rôle est de créer un biotope riche en microfaune car cette zone est protégée des prédateurs du bac principal. Les algues supérieures peuvent être maintenues dans une zone où elles sont les bienvenues car elles ne concurrencent pas le territoire des coraux et où l’aspect esthétique est moins préoccupant. A l’abri du refuges elles ne sont pas décimées par les poissons herbivores. Leur élagage permet d'extraire nitrates et phosphates et occasionnellement servir de nourriture aux alguivores. Pour un tel bac, un éclairage à base de T5 est satisfaisant si l’éclairage de l’aquarium principal ne suffit pas. La connexion avec le bac principal se fera par un échange réduit d'eau via une pompe de faible puissance. Comptez environ, une fois le volume par heure. La pompe puise l'eau de l'aquarium principal, le retour se faisant simplement par un trop plein. Le refuge est placé à même hauteur ou un peu au-dessus de l'aquarium principal. Le brassage étant réduit, le substrat pose moins de problème et il est possible de placer une épaisseur suffisante de sable de corail. Le refuge peut servir également à placer les éventuels prédateurs de coraux, indésirables dans l'aquarium mais tout de même précieux détritivores ou bien encore d’aquarium d’isolement temporaire (convalescence). Le bac refuge participe activement au système d’autoépuration biologique. Comme le bac de décantation, il augmente la stabilité de l’aquarium principal. Trouvez le bon emplacement. Réduisez les tensions au sein de la famille en plaçant l'aquarium dans un lieu ou celui-ci ne sera pas sources de nuisances (bruit des pompes, petits dégâts dus aux manipulations d'eau, éventuelles odeurs de l'écumeur, lumières parasites, etc.). Prévoyez un support adapté au poids très important de l'aquarium (environ deux fois son volume) et facilitant les opérations de maintenance. Un aquarium de grand volume nécessite même des précautions pour son placement dans l'appartement, le poids pouvant être excessif par rapport aux critères normaux du bâtiment. L'idéal est un accès sur trois cotés de l'aquarium. La décantation est placée généralement sous l'aquarium principal, elle doit être également très accessible pour toutes les opérations de maintenance. Pensez que les lampes HQI dissipent ponctuellement beaucoup de chaleur, et qu'il vaut mieux prévoir un grand dégagement au-dessus du bac, voire une ventilation. Les lampes HQI seront placées au-dessus du bac à environ 35 cm et seront allumées 12h/jours… Pour votre confort, je vous conseille de faire des essais de simulation. L'évaporation va produire naturellement de l'humidité qui se condensera sur les parties froides de la pièce en hiver, aussi le local doit être correctement ventilé. Si la pièce est déjà humide ce n'est peut être pas le bon choix. Et si un aquarium récifal en pleine forme est un spectacle magique, la phase de démarrage, qui dure six mois environ, n'offre pas vraiment une décoration digne de votre salon. Les produits additifs sont toxiques et devront être hors de portée des jeunes enfants dans des rangements fermés à clef. L’accès à l’installation électrique nécessite aussi une protection. Vous devez protéger l'aquarium : * Des pollutions domestiques : * Insecticides, * Aérosols divers, * Parfums, * Bougies, * Cigarettes, * Peintures toxiques (anti-mousses, anti-humidité,…), * Vapeurs de cuisine, * Poussières, * Des sources de bruits et de vibrations, * Des rayons directs du soleil, ne pas choisir une exposition sud et/ou trop ensoleillée risquant une surchauffe de l'aquarium en été. L'aquarium Conséquence des exigences définies précédemment, l'aquarium aura toutes les caractéristiques souhaitées pour s'intégrer à l'emplacement que vous avez choisi et celles assurant toutes les spécificités retenues : Raccordement à un bac de décantation ou/et bac refuge, taille des tubes fluorescents ou nombre de lampes HQI, implantation des pompes de brassage, de l'écumeur, etc. Inspirez-vous des réalisations d'autres amateurs et de celles proposées chapitre suivant. En ce qui concerne les dimensions, essayez d'avoir le meilleur ratio surface/volume possible afin de faciliter les échanges gazeux et l'éclairement. Donc une faible hauteur d'eau pour une bonne largeur et longueur. Une hauteur d'eau de 50 cm est un maximum (encore moins si le volume est réduit). Recycler un aquarium prévu pour de l'eau douce n'est pas une bonne idée, ses dimensions ne se prêtent pas à l’usage récifal et il est difficile d’y ajouter un bac auxiliaire de décantation ou refuge. La meilleure solution reste de le réaliser soi-même ou de le faire fabriquer selon ses plans. Si vous avez un raccordement à bac annexe, le plus simple est de faire percer une face par le professionnel qui fait la découpe du verre et cela avant le collage. Même pour un petit aquarium, le verre aura une épaisseur minimale de 8 mm. Percer le fond du bac dans un angle et faire une surverse en collant une cloison à 45° dans cet angle. Toutes les opérations de collage pourront être faites par un amateur. Reste à placer et fixer tous les éléments en réfléchissant à l'efficacité, la facilité de l'entretien, la fiabilité et la solidité de l'installation. Les délais de démarrage puis de maturité de l'aquarium font que l'installation est faite pour durer de nombreuses années, aussi une préparation réfléchie de quelques semaines sera largement amortie par la suite. Pour tous les achats de matériel vous devrez sélectionner soigneusement une boutique vérifiez sa réputation sur les forums Internet. Pensez également au matériel d'occasion qui permet de bonnes opportunités. Vous en trouverez sur les sites web ou newsgroups spécialisés. Par exemple : fr.rec.aquariophilie.marine. Encore un rappel : Pas de concession sur la qualité et la puissance du matériel surtout pour l'écumeur, l'éclairage et la quantité de pierres vivantes, c'est au début que le bac a le plus besoin de matériel performant... Installations types Aquarium compact L’avantage du modèle compact est d’une part la simplicité d’une cuve uniquement compartimentée (sans perçage) et que, d’autre part, la lampe HQI éclaire aussi la zone de décantation que l’on peut traiter en zone refuge. Les dimensions seront modestes : * Hauteur totale 40 cm (hauteur eau 35 cm) , * Profondeur 50 cm + 20 cm (refuge et écumeur) + 20 cm (réserve d’eau osmosée). * Longueur 100 cm soit un volume total de 270 litres mais seulement 180 litres pour l’aquarium principal. L’eau arrive par un peigne dans le compartiment écumeur. L’écumeur rejette l’eau écumée dans le refuge/décantation, celle-ci retourne par un trop plein dans l’aquarium. La réserve d’eau osmosée de 50 litres ajuste, via une pompe commandée par un capteur, le niveau d’eau dans l’aquarium. Aquarium avec bac de décantation L’installation est plus complexe mais présente l’avantage de dissimuler totalement l ‘aspect technique. L’eau est toujours aspirée via la surverse et est conduite dans la chambre d’écumage par un tuyau traversant le fond de l’aquarium. L’écumeur alimente la décantation et l’eau est finalement remontée par une puissante pompe de refoulement. La réserve fonctionne comme pour l’installation compacte. La phase de démarrage (les six premiers mois de l'aquarium récifal) Vous êtes certainement pressés de passer à l'action, mais la plus grande patience va vous être nécessaire pour démarrer correctement votre bac. Cette fameuse phase de démarrage est une étape clé pour la réussite de votre projet. Le bac doit mûrir pour atteindre son équilibre biologique. Des montées de nitrites (NO2) puis de nitrates (NO3) devront être naturellement absorbées. Ainsi les cyanobactéries (algues gluantes) et algues inférieures (filamenteuses) devront peu à peu céder la place aux algues supérieures. Les animaux devront s'installer et leur population croître progressivement, des plus petits aux plus grands. Vous devrez accompagner ces transformations en effectuant les modifications utiles en temps voulu. Les divers animaux que vous introduirez auront un rôle bénéfique, une tâche à accomplir, pour rendre l'ensemble homogène, sain et durable et constituer ainsi un petit écosystème aussi stable que possible. Voici les étapes principales du démarrage de l'aquarium : 1. T0 Mise place du sable calcaire (propre) dans un coin de l'aquarium en laissant une bonne pente ou même dans des bacs plastiques de façon à faire une zone à nue permettant de siphonner facilement les futurs sédiments rejetés par les pierres vivantes, vous mettrez le sable à plat plus tard. Le sable doit être uniquement du corail concassé d’excellente qualité, de préférence un mélange d'aragonite et de calcite. Le sable de nos plages, ou de rivière ne convient pas. Si vous êtes sûr de l'étanchéité de l'aquarium et de l'installation (disposition des pompes, etc.), remplissage direct à partir d'eau osmosée, sinon faites un essai avec de l'eau du robinet. Il est inutile de trop remplir, tenez compte du volume des futures pierres vivantes et du décor. Normalement un remplissage aux 3/4 suffit mais il faut en préparer un peu plus pour le futur nettoyage des pierres vivantes. Utiliser de l'eau osmosée ou de l'eau de source de bonne qualité car il est nécessaire de garantir dès à présent un taux de phosphates et de nitrates le plus bas possible. Nota : Les phosphates introduits dans l'aquarium sont extrêmement difficiles à extraire. Ils sont responsables, même à taux infime, de croissance d'algues indésirables et sont toxiques pour les invertébrés. Si votre eau est particulièrement douce (pH acide et très faible minéralisation) il peut être intéressant d'ajouter un buffer pour durcir votre eau (Buffer = mélange de bicarbonates, carbonates et borates de sodium). De 5 à 10 grammes de ce buffer pour 100 litres devraient suffire, vous en ajoutez pour remonter le pH à 7. Vous lancez le brassage pendant 24h avant de contrôler à nouveau le pH. Lorsque celui-ci atteint 7 vous pouvez continuer l'étape suivante. Ajout du sel synthétique. Un sel pauvre en oligo-éléments et calcium convient parfaitement (par exemple : Instant Ocean). Il faut viser une densité de 1023 à 25°C soit environ 37,5 g de sel par litre d'eau douce. L'eau de mer naturelle est généralement de qualité inférieure à cause de la pollution due aux nitrates et phosphates agricoles, il suffit de constater les magnifiques croissances d'algues vertes sur les plages bretonnes... Mise en place, si vous en avez, des pierres mortes de votre décor. Autant vérifier le plus tôt possible leur neutralité chimique et biologique. Ces pierres sont destinées à être colonisées et rendues vivantes par contact avec les pierres vivantes. Ce procédé n'est cependant pas garanti. Vous les choisirez de préférence calcaires et poreuses (multiples alvéoles). Les coraux morts ou les pierres calcaires présentant ces caractéristiques, prélevées sur le littoral semblent être, à mon avis, la moins mauvaise alternative (attention à la législation concernant le prélèvement en milieu naturel). Cependant si votre budget vous le permet, faites tout le décor en pierres vivantes, cela est vraiment préférable. Le délai de mise en service de l'aquarium est raccourci avec un équilibre plus rapidement atteint, et cela sans les mauvaises surprises : Pierres polluées, présence de métaux, libération d'éléments chimiques, efficacité relative des pierres pour la dénitratation... Mettre immédiatement en marche l'écumeur et les pompes de brassage. L'écumeur n'écume normalement rien mais sert à brasser et oxygéner l'eau (pas de panique donc s'il n'écume pas, c'est normal). Il est inutile d'ajouter une quelconque préparation destinée à ensemencée l'eau, les pierres vivantes vont s'en charger. L'aquarium est laissé simplement dans cet état au minimum pendant deux semaines. Cette phase préparatoire vieillit l'eau et vous permet de tester le bon fonctionnement du matériel : Ecumeur, brassage, éclairage et vous permet la prise en main du kit de mesure : densité, pH, dKH. (Continuez aussi à potasser votre technique...). 2. T0+2 semaines Ajout des pierres vivantes, en une fois si possible, car chaque nouvel ajout bouleverse fortement l'équilibre biologique. Vous les avez choisies non préparées et le plus riche en vie possible. Ne pas négliger l'importance de la qualité des pierres vivantes, celle-ci doivent être des débris coralliens durs et poreux recouverts d'algues corallines roses ou rouges. Achetez des pierres non conditionnées, moins chères, plus garnies mais aussi plus "sales". Ces pierres sont parfaites pour la phase de démarrage mais déconseillées en ajout ultérieur (dans ce cas il faut utiliser des pierres conditionnées par votre revendeur ou issues d'un autre bac installé). Ayez la patience d'attendre un nouvel arrivage prometteur plutôt que de démarrer avec une mauvaise base. Je ne suis pas partisan d'un trop fort nettoyage des pierres et de la suppression systématiques des indésirables. Avec eux partent aussi une partie de la biodiversité. Il y a quand même quelques exception et de véritables calamités, comme par exemple : La redoutable crevette Mante Odontodactylus. Il faut reconnaître que souvent nous jugeons sur son apparence l'utilité ou non d'un animal, or ce principe est totalement subjectif, une vilaine bête nous est parfois bien utile. Que cela ne vous empêche pas de nettoyer les pierres avec une brosse douce et avec l'eau salée du bac pour supprimer tout débris susceptible de pourrir. Les algues et éponges douteuses sont taillées court, toute source d'odeur suspecte ôtée. Les pierres bien inspectées. Les éponges ayant voyagé à sec, ce qui est le cas lors du transport des pierres vivantes, sont généralement condamnées à mourir. Il faut en conséquence en enlever la plus grande partie, avec un peu de chance elles repousseront. Si vous n'êtes pas certain d'identifier les sources de problèmes, vous pouvez opter pour l'achat de pierres préparées par votre marchand. Les pierres sont orientées de façon à exposer de nouveau à la lumière la face qui a déjà été exposée au soleil. Malgré la surprenante résistance des animaux et des plantes qui habitent les pierres vivantes, les conditions de voyage ont été rudes, ce qui fait que de nombreux organismes sont morts et que la charge de pollution dans l'aquarium va dépasser rapidement la capacité d'épuration biologique. Heureusement nous avons un écumeur puissant pour épurer le milieu. Ne vous souciez donc pas des nitrites et des nitrates, pas encore… A partir de maintenant mise en marche de l'éclairage du bac pendant 12H/jour. L'option “ne pas éclairer pour ne pas favoriser l'apparition d'algues” ne me semble pas très raisonnable. En effet, les algues indésirables prolifèrent à cause des nutriments en excès (eutrophisation), il faut absorber ces nutriments le plus rapidement possible et l'éclairage, favorisant la croissance des algues, fait partie de notre arsenal. Les algues régresseront naturellement lorsque les nutriments seront consommés. De plus le manque de lumière risque de tuer de précieux organismes qui ne reparaîtront peut être plus dans l'aquarium. L'écumeur participe activement à l'épuration et doit normalement retirer une écume et un liquide brun/verdâtre (malodorant), cela prouve qu'il est bien réglé et efficace. Pendant cette phase critique les pierres vivantes sont ainsi aidées par l'écumeur, vous les aidez également en éliminant par siphonage le maximum de déchets. Les algues sont aussi régulièrement élaguées, les filamenteuses arrachées avec une brosse à dent. Le perlon du filtre externe est nettoyé tous les deux jours, voir plus si les sédiments rejetés par les pierres sont importants. Un brassage énergique est utile pour décoller les déchets quelques heures avant un nettoyage du filtre. Une charge importante de charbon actif est placée soit dans le filtre soit dans la décantation. Si cela l'exige, les pierres sont retirées pour enlever plus facilement les sédiments et déchets. Un renouvellement partiel de l'eau est aussi conseillé, par exemple 10% du volume tout les 15 jours et même plus. Si vous siphonnez régulièrement les sédiments cela devrait suffire. En cas de cyanobactéries (qui ont l'apparence d'algues gluantes) ou de planaires (qui comme le nom le laisse présager sont de petites bêtes plates ressemblant à des feuilles mortes de 2-3 mm), il est préférable de siphonner régulièrement le maximum avant une prolifération qui risque d'être difficilement contrôlable. Les nitrites, remplacés bientôt par les nitrates vont grimper, pas d'inquiétude, la vie doit se développer pendant un minimum de 6 semaines pour absorber le pic de nitrates et la réduction des nutriments excédentaires. Si la vie s’installe normalement et que le milieu semble sain (avec un bon écumeur ça doit aller), tout va bien, il suffit d'attendre tranquillement pendant 6 à 8 semaines que la microfaune se développe avec, comme conséquence, la régression naturelle des nitrates dévorés par les algues et par nos petites bêtes. Si cependant cela n'est pas le cas, inspectez les pierres une à une. Si à la fin des 8 semaines, il n'y a pas d'amélioration sensible, il faudra procéder à l'analyse des caractères physico-chimiques du bac pour comprendre ce qui ce passe (mesure des nitrites/nitrates/phosphates), éventuellement procéder à un changement important de l'eau, filtrer sur charbon actif sans phosphates et vérifier ces points : * L'écumeur est-il efficace et bien réglé ? * L'eau de remplissage est-elle de qualité suffisante ? * Une plante, un animal est-il mort entraînant une pollution ? * Le problème est-il dû à une ou plusieurs pierres vivantes mal nettoyées ou de qualité douteuse ? * La sédimentation résiduelle est-elle excessive ? * La quantité de pierres vivantes est-elle suffisante ? * Le substrat est-il exempt de phosphates ? 3. T0+8 semaines Normalement vous pouvez mettre maintenant le décor définitivement en place : Agencer les pierres vivantes et aplanir le sable. Pensez que les animaux fouisseurs peuvent déstabiliser les pierres en creusant, celles-ci doivent reposer directement sur le fond du bac ou sur un support et non pas sur une couche de sable. Evitez un empilage instable. Les pierres peuvent être collées (avec de la résine époxy en pâte à 2 composants) ou bien attachées entre elles par des colliers en plastique. De meilleures solutions sont encore possibles pour faire l'ossature du décor sans trop d'emprise sur le fond tout en laissant l'eau circuler : Echafaudages en tubes ou plaques de PVC, en verre, … Ne sous estimez pas la force de terrassier des bernards l'ermite, oursins et consorts, faites solide. Les pierres sont placées de façon à ce que l'eau et les futurs poissons puissent circuler autour, à faire un maximum de cachettes, d'abris, de passages, pour compenser la petitesse de l'aquarium et permettre aux poissons d'échapper à leurs poursuivants, se cacher et d'évacuer le stress. Je pense que la disposition interne est plus significative sur le confort de vie des poissons que la taille du bac. Pour leur bien être, les animaux territoriaux doivent pouvoir se fixer une zone de sécurité et de bonnes cachettes permettent de réduire la taille de cette bulle de protection. Bien entendu, il ne faut pas placer dans le même aquarium des poissons pouvant être en compétition. Les pierres vivantes serviront aussi de support aux futurs coraux qui seront achetés fixés eux-mêmes sur des petites pierres. Tout ce montage doit approcher de la surface en ménageant des places libres, stables et bien éclairées. Vous pouvez même suspendre par des fils de Nylon accrochés aux renforts supérieurs du bac une partie des pierres situées en haut et qui sont heureusement percées de trous. Cette phase intermédiaire est utile pour vous apprendre à maintenir la température et la densité de l'eau à des valeurs correctes (T=25/26°C - d=1023 ± 2). Notez que la densité est variable en fonction de la température. Aussi essayez de faire la mesure à température constante (25° ou 26° Celsius est parfait) et surtout pas de changement brutal de salinité : Un ajustement doit toujours être progressif. Avec les pierres vivantes, vous pouvez avoir la chance de voir pousser des Xenia, des Zoanthus, des Caulerpa, apparaître des vers tubicoles, des gammares, des amphipodes, etc. Les quelques crabes et autres vers, qui sont parfois classés un peu vite indésirables se tiennent généralement correctement et participent au recyclage des déchets. Il ne faut pas les juger sur leur vilaine apparence. La beauté et l'utilité sont deux critères forts différents, et pour la stabilité et l'équilibre écologique de notre aquarium mieux vaut privilégier l'intérêt à l'esthétique. Les détritivores ont un rôle essentiel dans ce type d'aquarium. 4. T0+10 semaines Introduction en quantité très limitée des premiers invertébrés et mollusques résistants. Ceux-ci vont participer à une maturation plus rapide du bac. Les boutiques spécialisées les proposent en kit : Astraea, Trochus, turbo, bernard-l'hermite, ophiures. Ce sont des herbivores (alguivores) et des détritivores, auxiliaires efficaces qui vont nous aider à nettoyer puis entretenir l'aquarium. Normalement le milieu doit leur permettre de survivre, un embryon de chaîne alimentaire c'est mis en place : Algues inférieures puis supérieures, vers, petits crustacés, etc. Ne prenez pas le risque d'introduire trop d'animaux en une fois, si ceux-ci venaient à mourir la pollution résultante pourrait être fatale pour l'ensemble du bac. Et si vous achetez un kit, essayez de négocier plusieurs lots. Il faut attendre la régression puis la disparition des algues inférieures, les algues supérieures (par exemple les Caulerpa) plus lentes à démarrer vont les concurrencer et gagner du terrain, laissez-les pousser, vous pouvez même en introduire. Un excellent signe est l'apparition d'algues corallines roses ou rouges sur les vitres, pompes, etc. Mais cette phase peut être longue, soyez toujours patient, les algues indésirables finiront par régresser et disparaître, les corallines par pousser, ce bio indicateur annonce que le milieu devient sain par réduction progressive des nutriments excédentaires. 5. T0+13 semaines Le bac est en eau depuis environ 12 à 16 semaines (peut être plus...), les algues corallines poussent un peu partout. Les nutriments en excès ont été absorbés, les nitrates ont chuté. Pour préparer l'étape suivante il est maintenant nécessaire de contrôler sérieusement quelques paramètres physico-chimiques : salinité, dureté, pH. Notez leurs variations car la tendance est plus importante que la valeur absolue. Aidez-vous du Tableau de maintenance fourni en exemple. Ajouter si besoin : Du sel pour maintenir la salinité à 1023 (pour l'ajout d'eau salée, un sel riche en calcium et oligo-éléments convient maintenant, par exemple : Reef cristal). Des carbonates, bicarbonates, borates mélangés dans un produit appelé buffer ou tampon, pour maintenir un dKH entre 6° et 10° (8° est bien) et par conséquence contenir les baisses de pH dans des limites acceptables. Un dKH élevé permet aussi l'élaboration de squelettes ou coquilles en calcaire par les organismes vivants (synthèse du calcium et de [bi]carbonates). Notez que le pH varie naturellement du fait de l'activité photosynthétiq